Politique

L’union locale CFDT Montpellier suspendue pour avoir manifesté le 9 mars

En CFDTistan, le grand chef, Laurent Berger, purge ses opposants

Publié le 21 mars 2016

Avec Laurent Berger, ça ne rigole pas. Quand on décide d’outrepasser la ligne du secrétaire général de la CFDT, la sanction tombe dans les deux jours : c’est la suspension sans ménagement. C’est ce qu’a vécu Jean-Louis Garcia, secrétaire de l’union locale CFDT de Montpellier. Son crime ? Avoir osé manifester le 9 mars aux côtés de militants de la CGT, FO et Solidaires, pour exiger le retrait total, ni amendable ni négociable, de la loi Travail. Ne pas suivre la capitulation de Laurent Berger vis-à-vis de ce gouvernement au service du patronat vaut désormais la suspension. Une forme d’avertissement à tout responsable de structure coupable de dissidence. Bienvenue dans la dictature Berger…

Damien Bernard

C’est ce vendredi 11 mars, veille de la mascarade de manifestation CFDT appelée par Laurent Berger, que la nouvelle est tombée. Le bureau de l’union régionale CFDT Languedoc-Roussillon a décidé à l’unanimité de suspendre les responsables de l’union locale CFDT de Montpellier. Ce serait « une décision en application des statuts de l’union locale dans le cas d’une carence des instances », expliquait Jérôme Gombert, le secrétaire départemental.

Mais ce qu’il définit en tant que carence, ce n’est ni plus ni moins que la politique de Jean-Louis Garcia, responsable de la CFDT, pressé par sa base à manifester. À l’avant-veille de la journée de mobilisation du 9 mars, ce dernier déclarait « Trop c’est trop  ». « Ce projet de loi qui réécrit le code du travail, il n’y a que le patronat qui en est satisfait. Mon adversaire sur ce coup, ce n’est pas la CGT. Ce n’est pas le moment de diviser le mouvement ouvrier ». Une position qui tranche clairement avec la ligne de division de l’intersyndicale de Laurent Berger.

L’union régionale de la CFDT précise alors que la « gestion transitoire » de l’union locale a été confiée à l’échelon départemental. L’objectif est ainsi de circonscrire la fronde d’une base en colère. Pour cela, il s’agit, pour les relais régionaux et départementaux de Berger, de rayer de la carte les militants frondeurs, dans un silence médiatique frappant. Il faut aussi la minimiser, ces derniers évoquant ainsi une « structure symbolique » de « quelques militants ». Mais combien de temps la politique de l’autruche masquera-t-elle les trahisons de Laurent Berger ? Briser les résistances à la base ne lui suffiront sûrement pas à éviter un sort à la Francois Chérèque, qui a soutenu la réforme Fillon en 2003. La base gronde et elle le fera savoir tôt ou tard.

Pour lui faire entendre notre voix, rien de mieux que de faire reculer ce gouvernement et obtenir le retrait total de la loi, qui porte le sceau de Laurent Berger. Pour cela, l’unité à la base de la CFDT et l’union avec les militants combatifs, indépendamment des étiquettes syndicales, sera la meilleure des garanties pour exiger l’unité au sommet des directions syndicales. Plus que jamais, ce sera dans les universités, dans les lieux de travail et dans la rue, le 22 mars aux côtés des fonctionnaires, le 24 mars avec les étudiants, lycéens, et salariés, puis le 31 mars lors d’une journée de grève interprofessionnelle dans la durée, qui doit être reconduite, jusqu’au retrait pur et simple du projet de loi.