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Monde

Xénophobie d’État

En Italie, le ministre de l’intérieur veut recenser les Rroms pour mieux les expulser

Dans la droite lignée de ses déclarations haineuses contre les migrants, Salvini veut un recensement précis des Rroms en Italie, pour se débarrasser des étrangers.

Crédit Photo : Getty Images

Les déclarations racistes et xénophobes du nouveau ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini chef de file de la Ligue (du Nord), n’en finissent plus de déclencher des polémiques. Après avoir déclaré, en visite en Sicile au début du mois de juin que « la planque, c’est fini, les clandestins doivent faire leurs valises et partir dans le calme », il faisait encore parler de lui en s’opposant à l’entrée de l’Aquarius, un bateau humanitaire avec 630 réfugiés à son bord, dans un port italien.

C’est en Lombardie, sa région d’origine, qu’il a réitéré ses remarques haineuses ce lundi. Sur une chaîne télévisée de cette région du Nord de l’Italie, il a annoncé son intention de recenser les Rroms vivant en Italie, dans l’objectif de « voir qui, comment et combien ils sont ». Et avec, à terme, la volonté d’expulser tous ceux qui seraient en situation irrégulière. Le mépris du ministre d’extrême-droite a atteint son paroxysme lorsqu’il a déclaré que les « Roms italiens, malheureusement, tu dois te les garder à la maison ».

Une déclaration qui n’est pas sans évoquer les « nettoyages ethniques » de la période fasciste en Italie, dans les années 30.

L’opposition de gauche s’est offusquée de cette déclaration, avec une bonne dose d’hypocrisie puisque si Salvini révèle le visage le plus sombre de la politique italienne, le gouvernement précédent et le Parti Démocrate de Renzi n’étaient pas en reste pour mener des politiques migratoires racistes, xénophobes et meurtrières.

Mais cette nouvelle sortie du ministre de l’Intérieur a semé la discorde jusque dans la coalition au pouvoir, puisque Luigi di Maio, à la tête du Mouvement Cinq Etoiles, a rappelé qu’un recensement effectué sur des critères ethniques est contraire à la loi en Italie. Il a par la suite déclaré : « Cela me fait plaisir que Salvini ait démenti toute hypothèse de fichage et de recensement des immigrés parce que si une chose est inconstitutionnelle, elle ne peut se faire ».

En d’autres termes, ce qui a le plus choqué Di Maio, ce n’est pas le caractère haineux et xénophobe des déclarations de Salvini, mais bien leur caractère anticonstitutionnel.

Mais la principale violence réside dans les conditions de vie infernales des plus précaires. En Italie comme ailleurs, les Rroms vivent pour la plupart dans une situation d’extrême précarité, habitant des bidonvilles en marge des grandes villes, poussés dans la misère par les politiques des gouvernements successifs.

Le nouveau gouvernement de l’extrême droite et de la droite populiste a très rapidement rassuré les marchés et s’est montré très « sage » face à toute perspective de remettre en cause les intérêts des capitalistes italiens et européens. Les promesses électorales qui visaient à favoriser « les plus pauvres des italiens » seront difficilement tenues. En plus, des frictions entre les composantes de la coalition ne sont pas du tout à exclure. C’est pour cette raison que ce faible gouvernement essaye de se renforcer en s’attaquant aux plus précaires du pays, les migrants, les réfugiés, les Rroms maintenant et les travailleurs, les précaires et les chômeurs demain. De cela il n’y a aucun doute, c’est dans la nature de classe même de ce gouvernement réactionnaire que cela découle.




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