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En Marche annonce 428 candidats. Valls investi… mais sans l’étiquette

Richard Ferrand (secrétaire général d'En Marche) a tenu une conférence de presse, ce jeudi en fin d'après midi, pour présenter les candidats aux législatives.

Crédits photo : LCI

Pas de députés de droite… mais la porte reste ouverte

Ce jeudi, Richard Ferrand (En Marche) a annoncé que 19 000 candidatures avaient été déposées pour bénéficier de l’étiquette La République En Marche, pour 428 candidats annoncés (214 hommes et 214 femmes). Les critères à remplir – renouvellement, parité réelle, probité, pluralité politique, efficacité et clarté – ont été laconiquement énumérés. Au final, 52 % des candidats n’ont jamais exercé de mandat électif et n’exercent aucun mandat politique, et ils sont issus de « l’ensemble du spectre politique républicain ». Sur le total, 95 % des candidats ne sont pas des députés sortants... mais la liste n’est pas encore complète, puisqu’il manque encore près de 140 investitures à répartir.

Mais déjà, un constat est frappant. 24 parlementaires sortants brigueront un nouveau mandat sous l’étiquette du nouveau président… et sont exclusivement issus du Parti Socialiste. Un chiffre qui en dit long sur l’état de la formation de la rue de Solférino, mais qui amène aussi au constat qu’aucun candidat appartenant aux Républicains n’est, pour l’heure, investit par La République En Marche. Même si Richard Ferrand a affirmé, sans plus de détails, qu’un certain nombre d’élus régionaux et locaux venant « de tout les horizons politique » sont d’ores et déjà investis, il est certain que certains pontes de la droite, en particulier les juppéistes, attendent l’annonce du Premier ministre pour choisir de rallier En Marche, ou tenter de briguer la tête de l’opposition. Un message qui a le mérite clair.

Manuel Valls refoulé ? Il n’y aura pas de concurrent de La République en Marche à l’ex-premier ministre

Richard Ferrand a insisté sur la volonté de « ne pas humilier » Manuel Valls, qui avait annoncé être candidat de La République En Marche avant de se faire taper sur les doigts. Le secrétaire général de la formation du nouveau président a précisé que l’ex-premier ministre « ne répond pas aux critères » pour être investit. Néanmoins, Richard Ferrand « prend acte » de la « singularité » du cas de Manuel Valls et a annoncé officiellement qu’il n’y aura pas de « concurrent » issu d’En Marche face à l’ex-premier ministre dans sa circonscription de l’Essonne. Une belle pirouette, qui permet donc à Macron de ne pas apparaître comme le revanchard qui a écrasé Manuel Valls, mais aussi de ne pas s’encombrer de l’ancien Premier ministre, alors qu’il s’agit de montrer patte blanche auprès des Républicains d’obédience centristes et Juppéiste, dont il souhaite une dynamique de ralliement en masse. De plus, loin de représenter le renouveau tant affiché par Macron, Valls aurait pu être bien remuant au sein d’une majorité parlementaire, qui si elle se constitue, sera fragile.

Au final, beaucoup de zones de flou et d’effets d’annonce, sensés masquer le caractère très traditionnel du fonctionnement de la formation sous un voile de faux-renouvellement. En définitive, le message central est passé. Celui destiné aux classes dominantes : En Marche se met en ordre de bataille pour réussir son nouveau pari, celui d’obtenir une majorité parlementaire, une condition nécessaire pour gouverner par ordonnance, et notamment pour faire passer sa loi Travail 2 dès cet été.




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