Politique

Problèmes de riches

« En Marche »...vers l’ISF ! Macron obligé de revoir sa feuille d’impôt

Publié le 1er juin 2016

Cette semaine, Mediapart et le Canard enchaîné ont révélé que le Ministre de l’économie avait dû procéder à une rectification auprès de l’administration fiscale suite à une réévaluation de son patrimoine. Désormais, l’ex-banquier de Rostchild allait devoir s’acquitter de l’impôt sur la fortune (ISF) ! « Qui s’en doutait ? » s’interroge le patron du PS, Cambadélis, sur tweeter. En effet, nul besoin de cette révélation pour savoir que le ministre ne fait pas partie du même monde que les travailleurs dont il moque l’absence de costard...

Mathilde Brunel

« Le grand déballage » de Macron

C’est suite à la réévaluation de la demeure de sa femme, au Touquet, que le ministre va devoir désormais s’acquitter de l’ISF. Depuis l’affaire Cahuzac, en effet, de nouvelles lois ont été mises en place pour rendre « transparent » la vie dorée des ministres et éviter de mettre à nouveau le gouvernement dans l’embarras d’un scandale. Il n’empêche qu’Emmanuel Macron n’est pas le premier ministre à faire « l’erreur » de sous-estimer son patrimoine. C’était, en effet, le cas, après Jérôme Cahuzac, de Yamina Benguigui ou encore de Jean-Marie Le Guen, ce dernier ayant malencontreusement « oublié » de déclarer 700 000 euros de patrimoine. Emmanuel Macron s’est donc vu contraint d’envoyer à l’administration fiscale un rectificatif, intégrant cette fois-ci la réévaluation de sa demeure et le rendant joyeux contribuable à l’ISF, dont il devra s’acquitter de la tranche la plus basse, de 10 000 euros par an, depuis 2014. On notera, néanmoins, les questionnements de Mediapart, qui s’interroge : après son passage à la banque Rotschild, Macron a été embauché par Hollande en tant que secrétaire général adjoint à l’Élysée dès 2012, avant d’être nommé ministre sous le gouvernement Valls. Étrangement, entre 2012 et son intégration au gouvernement, l’administration fiscale ne s’est pas inquiétée plus que ça de la véracité de sa déclaration d’impôt.

Depuis les révélations du Canard Enchaîné et de Mediapart, Emmanuel Macron a cherché a répondre : « Depuis le premier jour, je me suis conformé à ce que ces deux instances [l’administration fiscale et de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique] m’ont demandé. Et je suis en règle avec ces deux institutions ». Une simple « erreur » donc, désormais rectifiée. On ne peut cependant que se demander si cette « erreur » n’est pas en lien avec ses prises de positions concernant l’impôt sur la fortune, en avril dernier, lorsqu’il avait déclaré – avant d’être contredit rapidement par Manuel Valls – penser « que la fiscalité sur le capital actuel n’est pas optimale ».

Il a néanmoins ajouté : « Je suis pour la transparence dans la vie publique, le contrôle régulier et intransigeant de tous les responsables publics, mais je ne suis pas pour la société du déballage et du soupçon. Je suis pour le secret fiscal pour moi et ma famille ». Si seulement cette conviction personnelle du ministre pouvait s’appliquer à tous les chômeurs, allocataire du RSA ou de bourses étudiantes qui subissent au quotidien la « chasse aux fraudeurs » ou plutôt la « chasse aux pauvres » de la part de l’administration, devant justifier de toute leur situation... Si pour une fois, le « déballage » dont se plaint Macron concerne une demeure au Touquet, et non la gestion de la misère et la précarité, nous ne nous en plaindrons pas.

Du rififi chez les ministres

Cette nouvelle révélation ne tombe évidemment pas aujourd’hui par hasard. « Ces dernières semaines, il y a un emballement sur tous les sujets pour essayer de me déstabiliser, de me fragiliser, de salir l’action qui est la mienne. Je ne suis pas naïf. Bon courage à ceux qui tentent cela », prévient le ministre. Il réside en effet peu de doute dans le fait que cette rectification fiscale vienne à point nommé au moment où le ministre de l’Économie semble vouloir s’émanciper du gouvernement et du PS. Le chef des députés de droite, Christian Jacob, s’interroge sur une possible responsabilité de Michel Sapin, ministre des Finances... ce que les barons du PS se sont évidemment empressés de démentir. « En marche ! » le nouveau mouvement d’Emmanuel Macron semble être rentrés dans l’arène des coups bas dont nos prétendus représentants ont le secret...