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Notre classe

En Marche vers la casse du social

En Marche vers la casse du social

Les salariés de la Maison d’accueil spécialisé (MAS) de Bonneuil-sur-Marne en sont à leur quatrième jour de grève pour dénoncer une organisation du travail dégradée qui nuit autant aux travailleuses qu’aux résidents. Le mouvement de protestation s’étend à Alfortville.

En charge des soins et de l’accompagnement éducatif d’adultes polyhandicapés, les salariés de la Maison d’accueil spécialisé (MAS) sont en grève depuis 4 jours. En cause : la dégradation des conditions de travail.
« La situation devenait intenable pour les résidents comme pour les personnels », indique la CGT de la santé et de l’action sociale dans le Val-de-Marne dans un communiqué. Il dénonce la mise en danger des pensionnaires, « avec un taux d’encadrement parfois en dessous de 0,15 par résident ». Au manque d’effectifs, s’ajoutent les restrictions concernant l’usage des gants, des draps et des serviettes, imposées dernièrement par la direction de l’Apajh 94 (Association pour adultes et jeunes handicapés du Val-de-Marne).
Les grévistes dénoncent en même temps le non remplacement des absences « qui épuise les salariés, déjà en effectif réduit », des économies de moyens « à tout-va » sur les gants, le linge, les blouses… considérant que la qualité de soin et la sécurité des résidents étaient « directement impactées ».
La tension est montée d’un cran ce samedi, alors que des intérimaires avaient été dépêchés sur place « pour briser la grève », dénonce la CGT. L’intégralité des résidents ont dû être évacués, après l’intervention de l’Agence régionale de santé (ARS).
Les familles de résidents témoignent
« Mon fils de 40 ans, quadriplégique, a été emmené à l’hôpital de Villeneuve-Saint-Georges, et je suis très inquiète car lorsqu’il est hospitalisé, il revient systématiquement avec des escarres. Son état nécessite en effet qu’il soit manipulé tous les jours, ce qui n’est pas possible à l’hôpital. Et je crains que la situation ne soit encore pire pour les autres résidents, alors que les deux-tiers ont été abandonnés par leur famille. Beaucoup sont handicapés mentaux et ne comprennent pas ce qui leur arrive. Certains ont été emmenés au milieu de la nuit, même pas habillés, avec personne pour les nettoyer. La situation est dramatique » témoigne Geneviève, parente d’un résident, pour qui le conflit pourrit depuis deux ans et qui reproche à la direction de l’Apajh de ne pas en avoir pris la mesure et d’avoir même eu une attitude « arrogante » au début du présent conflit.
Le mouvement fait désormais tache d’huile. Les travailleurs de la MAS Robert-Séguy, à Alfortville, se sont mis aussi en grève, ainsi que ceux de l’Institut médico-éducatif de Villejuif, qui pourraient débrayer une heure ce mardi matin.

Crédits photo : (LP/E.M.)




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