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Politique

Fin de l’état de grâce

En chute dans les sondages, Macron au niveau de Hollande après 2 mois de pouvoir

Emmanuel Macron a déjà perdu 10 points d’approbation de son action politique. Le président en exercice se retrouve au niveau de son prédécesseur, François Hollande, après 2 mois d’exercice du pouvoir.

Crédit photo : CHARLES PLATIAU / POOL / AFP

56. C’est le pourcentage d’approbation de l’action d’Emmanuel Macron d’après le sondage Ifop-Fiducial pour Paris match et Sud Radio. Une dégringolade terrible de 10 points pour le président en exercice, qui se retrouve au même niveau que François Hollande deux mois après son élection en 2012. Le reste des chiffres issus de ce sondage ne sont guère plus reluisant pour Emmanuel Macron et son gouvernement. A peine plus d’une personne interrogée sur deux estime le président « proche de ses préoccupations ». Edouard Philippe voit quant à lui la confiance en ce qui concerne sa capacité à réformer le pays plonger à 56 % (-7 points). Pour parachevé le tableau, la France Insoumise est majoritairement considéré comme la principale force d’opposition (40%, +6 points) devant Les Républicains (24%, -4 points) et le Front National (21 %, -7 points), deux formations actuellement traversées par des crises internes violentes. Un résultat qui illustre le constat d’une France fracturée en 4 grands blocs sociaux au lendemain des présidentielles.

L’échec de la tactique à la sauce « chef de guerre » ?

Les médias dominants ont beau eu faire des pieds et des mains pour « gonfler » Emmanuel Macron, en appuyant lourdement sur son score au second tour des présidentielles et sur la « vague » La République En Marche aux législatives, le constat est aujourd’hui préoccupant pour le tout nouveau président de la République. Pourtant, s’il y en a bien un qui était conscient de la faiblesse du président derrière l’apparent masque triomphant, c’est bel et bien Emmanuel Macron lui même.

Gêné par les affaires touchant le MoDem et certains de ses ministres, encombré par son passage au gouvernement lors du quinquennat Hollande (et donc de « l’association », même relative, au bilan dudit quinquennat), Emmanuel Macron a choisit de forcer le trait en ce qui concerne la posture de « président chef de guerre », qui avait par ailleurs permis à son prédécesseur de bénéficier de bouffées d’oxygène. Bien sûr, le tournant autoritaire pris par l’État depuis 2014 et la nécessité de prévention dans la perspective d’un « mouvement loi travail XXL » sont des éléments majeurs pour expliquer le nombre de sorties symboliques, mettant en avant les traits bonapartistes du régime. Il n’en reste pas moins que ces multiples sorties, dont la prochaine est prévue ce 14 juillet avec la venue de Donald Trump, ont aussi une portée plus « idéologique », visant à consolider l’image même du président. En ce sens, la chute dans les sondages d’Emmanuel Macron met en avant le fait que cette posture est au moins insuffisante. Cette stratégie est-elle pourtant un échec total ? Impossible de l’affirmer aujourd’hui et la rentrée sociale -surtout si elle est explosive- apportera des éléments de réponse.




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