^

Politique

Foot et politique

En chute dans les sondages, Macron peut-il se « refaire » avec une victoire des bleus au Mondial ?

Selon un sondage Ifop, la cote de popularité d'Emmanuel Macron est au plus bas. Et alors que le mondial de football bat son plein, une question se pose : Une victoire finale de la France en Russie serait-elle synonyme de regain de forme pour le « président des riches » ? Pas si sur...

Crédit : FRANCK FIFE / AFP

Selon le dernier sondage Ifop pour Le journal du Dimanche paru le 23 juin dernier, la popularité d’Édouard Philippe et d’Emmanuel Macron est au plus bas. Le contraste est saisissant en rapport au sondage de juin 2017 : Le président Jupitérien est ainsi passer de 64% d’opinion positive à 58% des sondés « mécontents ». Des chiffres sensiblement similaire pour Édouard Philippe (64% d’opinion positive en juin 2017, 54% de mécontents un an plus tard).

A la source du mécontentement croissant, il y a bien sûr les phrases polémiques, récentes ou de plus longue date, transpirant le mépris de classe. La récente estocade contre un lycéen l’ayant interpellé, et vertement réprimandé par « Manu », est un exemple parmi tant d’autres. En toile de fond, après un peu plus d’un an de pouvoir, c’est surtout la multiplication des attaques sociales, la méthode « bulldozer » qui érodent peu à peu la popularité de Macron et de son gouvernement. Dans la bataille du Rail, outre le fait que Jupiter soit en train de rafler la mise, force est de constater que le gouvernement n’a pas remporté la bataille de l’opinion, que le soutien aux cheminots grévistes est encore massif après 3 mois de grève, que la colère sociale s’exprime dans différents secteurs et que la rentrée sociale de septembre s’inscrit déjà dans les agendas militants comme un rendez vous à ne pas manquer pour de large secteur des travailleurs et de la jeunesse.

Une victoire des bleus en Coupe du Monde synonyme de remonter dans les sondages ?

En 1998 aussi, Jacques Chirac était au plus bas dans les sondages. A l’époque, le président gaulliste avait été le premier à se rendre à Clairefontaine pour s’afficher auprès de l’équipe de France. Au lendemain du 12 juillet 1998, des deux coups de tête de Zidane et du but de Petit, Jacques Chirac avait gagné pas moins de 15 points de popularité. Et depuis, avant chaque rendez vous footballistique d’envergure, les présidents en exercice ne manquent pas de venir prendre la pose avec les bleus.

Malgré le mythe, qui voudrait que la Coupe du Monde 1998 ait été un élément majeur de la réélection de Chirac en 2002, la réalité est tout autre. S’il est vrai que, dans la liesse générale, Chirac a gagné en « sympathie », l’effet est très vite retombé. Et en 2002, l’hexagone vivait le premier « couac » du bipartisme, avec un second tour Chirac / Le Pen qui exposait aux yeux de tous la crise politique profonde des mécanismes « démocratiques » de la V ème République. Une crise qui a aboutit, en 2017, à l’effondrement du Parti Socialiste et des Républicains, tout deux exclus du second tour.

Par ailleurs, il est évident que les situations de Chirac et de Macron ne sont pas totalement comparables. La séquence politique actuelle dénote d’un très fort rejet de la figure présidentielle d’Emmanuel Macron, alimenté par l’hostilité vis à vis du projet néo-libéral incarné par l’étiquette de « président des riches » qui lui colle à la peau. Le fossé n’a cessé de s’accentuer entre Jupiter et les classes populaires. Ainsi, si Chirac avait grimpé dans les sondages tout au long de la compétition de 1998 , Macron enregistre aujourd’hui son taux le plus bas depuis son élection il y a tout juste un an. En ce sens, et en cas d’hypothétique victoire de l’Équipe de France au Mondial, il y a fort à parier que la hausse de popularité – si elle existe – soit très faible pour Macron... et que le soufflet retombe aussi vite.




Mots-clés

Coupe du Monde 2018   /    football   /    Emmanuel Macron   /    Politique