^

Politique

Evacuation de Notre-Dame-des-Landes

NDDL : En hypothermie, la tête maintenue dans une flaque d’eau : un militant raconte l’expulsion

N. est un habitant de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, brutalement évacuée aujourd'hui. Il raconte l'expulsion et son agression par la police, qui l'a maintenu au sol, la tête dans une flaque d'eau, pour finalement le laisser en état d'hypothermie.

Crédits photo : LOIC VENANCE / AFP

Depuis quelques temps, malgré l’annonce par Macron de l’abandon du projet d’aéroport, la situation s’est tendue sur la ZAD : des milices viennent régulièrement la nuit semer la crainte parmi les habitants et faire peser la menace d’une expulsion. Même si les terrains ont été libérés de l’emprise de ce grand projet inutile que constituait l’aéroport, ils sont loin d’être libérés tout court : le gouvernement refuse notamment d’inscrire des projets collectifs au titre des déclarations des exploitations présentes sur le site, et a décidé, ces derniers jours, d’intervenir avant que certains zadistes ne déclarent leurs activités. Ce sont donc 2500 policiers et gendarmes qui ont débarqué sur place, armés de fumigènes, de grenades et de flashball, et accompagnés de blindés. Les habitants les ont entendu commencer à évacuer à partir de minuit, en débutant par la zone est de la ZAD, qui est notamment habitée par les Cent Noms, un collectif "légal" et organisé sur la ZAD. Les évacuations des terres se sont faites sans huissier, les cabanes et autres constructions ont été détruites, ainsi que des hangars qui abritaient encore des animaux, et des animaux ont été saisis.

N, est un habitué de la ZAD : il la connaît depuis 2012, et y vit vraiment depuis l’année dernière. Il travaille sur une ferme avec un potager et quelques chèvres. Vers 3h du matin dans la nuit de dimanche à lundi, voyant la police qui commençait à s’approcher de sa cabane, N. s’est écarté du groupe avec qui il était pour aller récupérer son chien. Il y a alors à peu près une quarantaine de zadistes dans la zone où il se trouve. Des grenades de désencerclement, ainsi que des fumigènes sont lancés par la police et la gendarmerie, on n’y voit rien à 3 mètres. Dans l’agitation, N. perd son téléphone portable.

Il se fait alors attraper par plusieurs agents, qui lui maintiennent la tête dans une flaque d’eau, en appuyant leurs pieds sur son dos pendant un long moment.

Plus tard, des pompiers interviennent et le récupèrent. Des policiers demandent à ce qu’il soit évacué 20 km plus loin, en vue de le récupérer par la suite, mais les pompiers, heureusement, font autrement, et le déposent au centre relais géré par l’ACIPA. L’association prend N. en charge ; ce dernier est alors en hypothermie à 35,4° ! Il est réchauffé et soigné, sans être évacué à l’hôpital ; des militants le ramènent chez eux pour qu’il puisse se reposer. Ces militants attestent l’avoir récupéré à cet endroit dans un état de fatigue, d’agitation, de traumatisme, et d’hypothermie.

N. ne sait pas ce que sont devenus ses amis sur place et n’a actuellement aucun moyen de joindre qui que ce soit, ni aucun moyen pour être joint.

Ces faits sont évidemment intolérables. Loin de constituer un « dérapage » de quelques agents fiers de leur toute-puissance face à un homme isolé dans la nuit, ils s’ajoutent aux coups de matraque reçus par les étudiants de Nanterre et par ceux de Lille. Tout cela témoigne des craintes du gouvernement qui, face aux mobilisations qui se multiplient, ne peut que durcir le ton. À nous de durcir le mouvement jusqu’à faire tomber Macron et son gouvernement.




Mots-clés

NDDL   /    Répression   /    Politique