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Démagogie électorale

« En même temps » : Macron dénonce « l’Europe ultralibérale » tout en détricotant l’exit tax

Invité par Europe 1 mardi 6 novembre, Macron s’est illustré lors d’une interview fustigeant pêle-mêle la montée des régimes autoritaires, le réarmement aux frontières, les intrusions étrangères dans le cyberespace et même "l'Europe ultra-libérale" ! Dans le même temps, les députés LREM détricotaient l'exit tax...

Macron, le pompier pyromane en campagne

L’entretien accordé au micro d’Europe 1 est édifiant. Macron feint de s’alarmer de la montée des nationalismes qui, on le sait, prennent racines et se nourrissent de la misère et du chômage que les gouvernements libéraux ont entretenu et même aggravé durant ces dernières décennies et dont Macron est le représentant le plus caractérisé. Jouant ainsi les pompiers pyromanes, il se prend à fustiger ce que lui-même et son gouvernement font depuis maintenant 1 an et demi.

Macron dénonce en effet le réarmement tout en s’inscrivant dans la droite ligne des gouvernements précédents et notamment de celui de Hollande, champion des exportations d’armes. Il dénonce l’instrumentalisation des peurs par les partis d’extrême droite alors que son gouvernement a mis en place l’une des pires lois contre les migrants et leur fait la chasse partout. Enfin, et surtout, il se positionne pour une Europe qui protège les travailleurs et qui permette aux classes moyennes de vivre correctement niant ainsi sans complexe un an et demi d’offensive sans précédent contre les travailleurs. Le président pousse même le vice jusqu’à fustiger l’Europe « ultra-libérale » dont il est pourtant un des représentants les plus zélés, comme le rappelle la récente modification de l’exit tax.

Derrière les mensonges, l’exit tax et la réalité de la politique de Macron

En effet, alors que Macron se met à défendre un modèle prétendument social dans une stricte logique électoraliste, il détricote dans le même temps l’exit tax, cette mesure censée limiter l’évasion fiscale en taxant les revenus du capital et les plus-values réalisées lors de la vente des parts d’une entreprise. La majorité ne s’en cache pas, elle compte supprimer cette taxe qui nuit selon elle a l’attractivité de la France. En réalité, ces calculs d’apothicaire cachent des mesures politiques.

C’est en effet dans le célèbre magasine Forbes qui l’affublait alors du nom de « leader du marché libre » que Macron avait d’abord annoncé cette suppression. Le plan aujourd’hui est très légèrement infléchi et prévoit un abaissement de la durée pendant laquelle un patron d’entreprise exilé à l’étranger est susceptible d’être taxé, la faisant passer de 15ans à … 2ans. Une mesure que même les députés de la majorité semblent trouver excessive puisque Joël Giraud, le rapporteur du budget, a récemment fait voter en commission des Finances un amendement pour maintenir la durée à cinq ans.

Pas de quoi révolutionner le sens de cette mesure qui s’inscrit dans la pure logique macronienne visant à faire peser le plus possible tous les coûts de fonctionnement de la société sur les revenus du travail, comme en témoigne l’injuste hausse du coût de la vie, aux antipodes des hypocrites déclarations du président sur Europe 1. Dénoncer l’Europe « ultra-libérale » en multipliant les cadeaux aux riches, le « en même temps » a décidément de beaux jours devant lui.