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Politique

Crise et recomposition

En soutenant le gouvernement, Valls entend profiter des hésitations du PS

Dans le cadre de la constitution de son groupe parlementaire, la direction du Parti Socialiste semble avoir adopté une ligne anti-Macron, laissant tout de même une certaine marge de manœuvre aux élus ne souhaitant pas voter « contre Macron ». Une brèche qui pourrait être favorable à Manuel Valls, qui souhaite former un groupe pro-Macron à l’Assemblée.

Quelques jours à peine après le résultat du second tour des élections législatives, principalement marqué par un taux d’abstention record et confirmant l’effondrement des partis traditionnels (ou du moins la crise, dans le cas des Républicains), les négociations vont bon train afin de constituer des groupes parlementaires. Il s’agit principalement pour les partis affaiblis ayant perdus de nombreux sièges ou ceux étant parvenu à obtenir ou s’approcher du seuil des 15 députés d’affirmer leur existence et de se positionner dans le cadre de la recomposition du paysage politique français.

Ainsi lors de leur première réunion ce mardi les socialistes ont pu se rendre compte de premières divergences d’opinion en ce qui concerne le vote de confiance à venir au futur gouvernement Macron. L’un des sujets ayant fait polémique est l’abstention. En effet l’appel au non-vote de la direction du PS n’a pas de sens selon de nombreux députés socialistes qui estiment devoir être clairs sur leur position lorsqu’il s’agit de soutenir ou non Macron. Outre le vote abstentionniste certains députés envisageraient également le vote « pour » sous couvert de non opposition de principe et de vote des lois au cas par cas.

C’est en parti sur ces députés que pourrait miser Manuel Valls, qui a pris les devants malgré l’actuelle polémique sur son élection. L’objectif affiché de l’ex-premier ministre est clair : offrir aux socialistes sensibles aux sirènes macronistes un cadre parlementaire pro-gouvernement. Pour ce faire, et atteindre les 15 députés indispensables à la formation d’un groupe, Manuel Valls lorgne également sur les « divers gauche », dont quelques profils pourraient se trouver intéressés par la perspective d’un soutien « de gauche » au gouvernement Macron.

Bien sur, ces manœuvres sont ô combien périlleuses pour le Parti Socialiste, sorti en ruine du quinquennat Hollande et de l’enchaînement Présidentielles / Législatives. Outre le fait que l’aile droite du PS la plus ouvertement pro-Macron verra une porte de sortie avec l’option proposée par Valls, de l’autre côté de l’échiquier politique, la formation de deux groupes parlementaires de la « gauche de la gauche » pourrait également tenter une partie des députés PS, espérant jouer un rôle dans les recompositions en cours.

Pour l’heure, la position du Parti Socialiste, qui n’arrive pas à sortir clairement de cet entre deux – ce qui témoigne par ailleurs de la profondeur de la crise de la formation de Solferino – laisse ouverts tous les scénarios. Les prochains jours, semaines et mois seront décisifs car tout changement de position du PS pourrait bouleverser les coordonnées, et ainsi, influer fortement sur les recompositions en cours à gauche.




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