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Genres et Sexualités

Dans la rue le 24 novembre

Enquête sur les violences sexistes et sexuelles : une réalité alarmante

Un an après Metoo, les violences faites aux femmes sont loin d'avoir diminuées. A quelques jours de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, les derniers chiffres viennent de tomber, ils sont toujours alarmants.

Crédits photo : AFP

La dernière enquête Ifop sur les agressions sexistes et sexuelles vient de sortir. Si les chiffres ne sont pas très surprenants, ils viennent confirmer une situation aussi terrible que révoltante. Aujourd’hui, 86 % des françaises ont été victimes, au minimum une fois dans leur vie, d’une atteinte ou d’une agression sexuelle dans la rue. Et le chiffre se décline de manière tout aussi effrayante sur plusieurs points : 43 % d’entre elles ont été suivies dans la rue, et pas moins d’une française sur quatre a subi une atteinte ou violence sexuelle dans la dernière année. Ce harcèlement de rue dont l’existence est souvent niée se décline en plusieurs points : sifflets, remarques et insultes sexistes, suivis, ainsi qu’attouchements.

Et malheureusement le harcèlement de rue ne représente que la partie immergée de l’iceberg de l’oppression qu’elles subissent au quotidien. Les violences sont loin de s’arrêter à la porte de la maison ou à celle du travail, au contraire elles redoublent dans ces lieux. En effet une femme sur trois a été harcelée ou agressée au travail, les employeurs et patrons bénéficiant d’autant plus de tranquillité et d’impunité. Le procès de Georges Tronc et sa très réactionnaire défense, visant à faire passer et légitimer les viols dont il était accusé par des « promotions canapés », en a dernièrement été une nouvelle illustration .

Il faut également savoir qu’aujourd’hui c’est 225 000 femmes par an en France qui ont déclaré avoir subi des violences physiques ou sexuelles de leur conjoint ou ex-conjoint.

Ces violences, qui ne s’arrêtent pas aux portes des foyers, ne s’arrêtent également pas non plus aux frontières. Dans le monde 1 femme sur 3 subit des violences sexistes et 70 % des femmes assassinées le sont par leur conjoint ou ex-conjoint. Face à ces violences, on a vu émerger des réponses de la part des femmes partout dans le monde, comme avec le mouvement Ni una menos en Argentine qui a tenté d’apporter une réponse face à la terrible réalité des féminicides. Ces mouvements de masse sont la seule réponse à apporter face aux violences de genres qui structurent notre système, et en réponse aux tentatives de récupération par la droite et l’extrême droite, qui instrumentalisent nos luttes à des fins xénophobes et racistes. Face à cela nous devons réaffirmer que notre lutte n’a pas de frontière, à commencer par venir marcher samedi à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes dans un cortège féministe lutte de classe.

A Paris : départ à 14h de Madeleine