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Notre classe

Grève Palace Hyatt Vendôme

Entretien avec une gréviste du Palace Hyatt : « On va être fort pour se battre tous ensemble »

Marie travaille comme femme de ménage en sous-traitance au sein de la société de nettoyage STN. Depuis plus d'un mois, elle se bat aux côtés des salariés en grève de l'hôtel Park Hyatt Paris-Vendôme pour l'augmentation de leur salaire et leur internalisation pour sortir de la sous-traitance, et de la précarité qui va avec. Entretien.

Les affaires de l’hôtel marchent bien ?

L’année dernière, ils ont fait un bénéfice d’environ 8,5 millions. Mais ils ne pensent même pas à augmenter les salaires de même 1 euro seulement. Il n’y a que les gens des bureaux qui peuvent gagner plus. Mais pour le minibar, les plongeurs ou les services de nettoyage : non, niet. Ils vont même jusqu’à prendre des stagiaires à 500 euros pour la même quantité de travail que les autres. Ce n’est pas normal. 

Tu avait déjà fait des grèves auparavant ?

Oui, en 2013, 2014 et 2015. Mais ça n’était pas difficile et on les avait gagnées. C’était toujours les autres prestataires du groupe qui venaient et on imposait toujours ce que l’on voulait. Ici, ils disent non, alors on se met devant pour manifester.

Ces victoires doivent jouer sur le moral aujourd’hui ?

Malgré le fait que cette grève dure déjà depuis un mois contrairement aux anciennes auxquelles j’ai participé qui se terminaient au bout de quelques semaines, nous sommes toujours motivés. Avec la façon dont ils ont traité nos collègues qui se sont fait tabasser comme des moins que rien, comme des chiens, ça nous a motivé pour ne pas les laisser gagner de cette manière. On montre à nos collègues que nous sommes là avec eux. On va être fort pour se battre tous ensemble.

Depuis le début de la grève, vous avez subi beaucoup de répressions policières ?

Tous les jours. Au début, quand nous avons commencé la grève, ils venaient de temps en temps mais maintenant, c’est tous les jours. Les policiers nous disent qu’Hyatt souhaite que nous arrêtions de faire du bruit et que c’est à cette condition qu’ils ouvriront la discussion. Mais ça c’est de la foutaise, on passerait à table discuter, et, le lendemain, on reprendrait le travail, comme si de rien n’était. 

C’est quoi le programme d’une journée "type" de votre grève ?

Le matin, on arrive, on commence à déchirer les grands papiers et on commence nos tam-tams. Dès que nous avons terminé de faire nos danses, on fait un petit briefing pour décider de ce que l’on va prévoir les jours suivants. On vote toujours, on demande si le groupe est toujours motivé à se mobiliser de nouveau. Puis, on rentre à la maison, et le lendemain, on est là !