Monde

La guerre anti-kurde se poursuit

Erdogan propose d’« évacuer et détruire » les villes kurdes en Turquie

Publié le 7 avril 2016

Erdogan vient de déclarer sans aucune gêne que les villes à majorité kurde du sud-est du pays devraient être détruites prochainement. Il s’agit, et non seulement sur le plan discursif, d’un nouveau saut dans le niveau d’offensive militaire menée par l’État turque contre le peuple kurde.

Au sujet de la campagne répressive contre la population kurde, notamment dans le sud-est du pays, qu’il mène à la tête de l’Etat turc, Erdogan a affirmé hier qu’il pourrait s’avérer nécessaire de détruire les villes kurdes « de loin ».

« S’il le faut, les lieux où se poursuivent les opérations pourraient être complètement évacuées, et à distance, on démolirait les édifices habitables. On détruirait tout et, après, on reconstruirait tout à partir de zéro » a-t-il proposé avec un discours qui vise à justifier un véritable génocide.

Depuis la seconde moitié de l’année dernière, une énorme offensive militaire turque est en cours dans la région sud-est du pays afin de reprendre le contrôle de villes entières où des militants kurdes se sont retranchés et résistent contre l’artillerie lourde de l’armée turque.

Selon les calculs du parti pro-kurde, HDP, environ 824 personnes, des civils pour la majorité d’entre elles, sont mortes, victimes de l’offensive militaire en cours. Dans certaines villes, plus de 50 couvres-feu ont été mis en place et de nombreux assassinats et fusillades de la part des militaires ont été dénoncés.

Un rapport publié en mars dernier montre la destruction provoquée par l’armée dans la ville kurde de Cizre où les habitants dénoncent un véritable massacre aux mains des militaires qui ont brûlé et décapité des dizaines de personnes.

Dans les villes de Cizre, Silopi ou Diyarbakir, de telles scènes se jouent également. L’armée encerclent des villes et des véhicules blindés parcourent les rues en tirant sur la population. Mais des groupes de jeunes kurdes armés résistent à cette offensive dans des tranchées.

Depuis l’accord entre l’Union européenne et la Turquie, qui « récompense » le régime assassin d’Erdogan avec 300 millions d’euros pour retenir les réfugiés à l’intérieur du territoire turc, le gouvernement cherche à renforcer son offensive répressive contre le peuple kurde. La solidarité internationale est plus que jamais nécessaire.