^

Politique

Rien d'étonnant

Eric Ciotti revendique la politique anti-migrants menée par Matteo Salvini

Le tournant réactionnaire à droite opéré par Wauquiez chez les Républicains n'est pas sans produire des effets. Eric Ciotti le prouve avec ses propos sur les migrants et l'apologie qu'il livre du premier ministre italien d'extrême-droite Matteo Salvini.

Crédits photo : REUTERS/Antonio Parrinello

« Le gouvernement italien, avec le blocage des ports, a fait oeuvre utile pour changer de politique  » a déclaré ce lundi Eric Ciotti dans l’émission « L’Epreuve de vérité » sur Public Sénat pour saluer la décision du premier ministre italien d’extrême-droite Matteo Salvini d’avoir refusé d’accueillir le navire Aquarius et les 600 réfugiers à son bord. Difficile de faire plus explicite pour marquer le tournant réactionnaire que prend de plus en plus LR ces derniers temps, depuis que la ligne de droite de Wauquiez n’a plus à s’embarrasser de la ligne libérale de Calmels.

Eric Ciotti, qui ne cache pas vraiment son ambition de briguer la mairie de Nice tenue par un Christian Estrosi plutôt conciliant avec le gouvernement LREM, fait dans la surenchère anti-migrants et revendique la politique d’extrême-droite menée de l’autre côté des Alpes tout en minorant sa coloration d’extrême-droite. Pourtant, la politique de fichage des Rroms que Salvini veut lancer devrait lui mettre la puce à l’oreille.

Grand humaniste, Ciotti prétend soutenir le leader de la Ligue italienne car sa politique ferait « reculer les morts en Méditerranée ». Mais ce qu’il omet de préciser à dessein c’est que si les bateaux ne peuvent plus transporter les migrants sur la Méditerranée, ils mourront tout simplement en Tunisie, sur les côtes lybiennes ou dans leurs pays. Une belle manière de ne pas traiter le problème à la racine et de nier l’impact du néo-colonialisme et des effets de l’impérialisme occidental sur l’Afrique.

Mais si le soutient de Ciotti à Salvini est total sur la question migratoire, il n’en reste pas moins prudent en n’appelant pas à une coalition avec le FN car « ce serait une erreur fondamentale qui ne ferait que servir la réélection d’Emmanuel Macron ». Autrement dit, Ciotti place l’impossibilité d’une coalition avec le FN uniquement sur un terrain électoral puisque de fait dans les paroles il est parfaitement raccord avec le tournant réactionnaire de Wauquiez en direction des idées d’extrême droite.

Pourtant, le plus à redouter c’est que Ciotti, malgré la virulence de ses propos, en reste au même niveau que Macron dans la criminalisation de la solidarité. L’un comme l’autre accusent les ONG de « faire le jeu des passeurs » ou d’être « le dernier maillon de la chaîne des passeurs ». La question des migrants traduit une polarisation sur la droite qui traverse une large frange du spectre politique puisque de LREM à LR on est désormais sur les positions de la Ligue de Salvini et du FN.

Conscients que les prochaines échéances électorales, notamment les européennes de 2019, seront polarisées entre le camp des « européistes globalisateurs » et celui des « europhobes » et défenseurs des « frontières nationales », des politiciens comme Ciotti essayent d’éviter la banqueroute totale de LR. Etant donné que, dans les conditions politiques actuelles, ils ne peuvent pas emprunter le discours anti-UE du FN, ils mettent l’accent sur la lutte contre les réfugiés pour se différencier vis à vis de Macron et LREM. Pourtant, ils sont d’accord sur l’essentiel de leur politique réactionnaire, xénophobe et antipopulaire.




Mots-clés

Nice   /    Italie   /    Réfugiés   /    Immigration   /    Politique