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Estrosi démissionne de la tête de la région PACA : un pas de plus vers Macron ?

A la surprise de tous, le ténor des Républicains Christian Estrosi, jusqu’ici président de la région Provence Alpes Côtes d’Azur, a annoncé sa démission de ce poste, pour redevenir maire de Nice.

Nous le disions dans notre édition d’hier soir : la présidentielle finie, les législatives arrivant, de nombreuses recompositions vont surement avoir lieu dans le paysage politique français. Et la droite incarnée par les Républicains est l’un des enjeux de ces recompositions : tiraillée entre sa fraction la plus droitière, incarnée par François Fillon et Sens Commun, et son aile centriste, certains sont particulièrement tentés de rejoindre Emmanuel Macron, que ce soit dans sa majorité ou son gouvernement.

Est-ce le cas de Christian Estrosi ? Celui qui est député des Alpes Maritimes depuis 1988 a en effet chamboulé l’actualité politique aujourd’hui en démissionnant de la présidence de sa région, pour redevenir maire de Nice. L’intéressé a assuré aux médias n’être préoccupé que par « sa ville » : «  ni un poste au gouvernement, ni une autre proposition ne me fera changer d’objectif. Mon objectif, c’est résolument Nice. C’est toujours Nice.  ». Cependant, le maire de Nice avait déjà surpris tout le monde en accueillant, le 1er avril, celui qui est maintenant Président de la République pour une « rencontre républicaine ». Ainsi, même si Estrosi dément formellement tout rapprochement avec Macron, il est vraisemblable qu’il s’agit là d’une forme de manœuvre pour soutenir l’ancien candidat d’En Marche !

D’autant plus qu’avant cette annonce, l’ex-président de la région PACA avait tiré à boulets rouge sur François Baroin, qui avait annoncé qu’aucune double casquette ne serait possible entre LR et En Marche !, et que tout candidat issu de LR qui se présenterait pour la majorité présidentielle aurait un adversaire LR en face de lui. Ce à quoi Estrosi a répondu : «  le premier mot dans ma famille politique, au lendemain de la victoire d’Emmanuel Macron, ça doit être « ’assemblement’, ça ne devrait pas être ‘exclusion’. Si on part sur le mot ‘exclusion’ plutôt que sur le mot rassemblement, c’est la radicalisation pour les législatives telle que nous l’avons eue pour la présidentielle, et comme les mêmes causes produisent les mêmes effets, vous avez l’échec assuré […] On a un jeune président qui a été élu, qui a bousculé tous les repères qui existaient dans les formations politiques, qui apporte un souffle de modernité. Est-ce qu’on va se ringardiser ? Est-ce qu’on va afficher une espèce d’arrogance ?  ». Une forme de porte ouverte à une collaboration législative avec Macron, qui pourrait contribuer un peu plus à faire exploser les Républicains.




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