Monde

100 000 personnes manifestent à Madrid

Etat Espagnol. Le retour de la rue contre le nouveau gouvernement de Rajoy ?

Publié le 30 octobre 2016

Philippe Alcoy

Ce samedi après midi, plus de 100.000 personnes sont descendues dans la rue contre la nomination de Mariano Rajoy comme président du gouvernement Espagnol. Cela faisait au moins trois ans que l’on ne voyait pas autant de monde manifester dans le pays.

L’élément déterminant pour la colère populaire a été l’annonce que les députés du PSOE (le parti "socialiste") s’abstiendraient lors du vote du nouveau gouvernement du PP et de Ciudadanos. Cela a permis à la "caste" de former un gouvernement après près d’un an de crise.

Pour le PSOE il s’agit d’un "suicide politique". Autrement dit, l’aile droite du parti qui avait chassé de la tête du parti Pedro Sanchez, a préféré sacrifier son parti pour permettre au patronat Espagnol de former un gouvernement. En effet, la formation d’un gouvernement est centrale pour les classes dominantes locales et la Troïka pour appliquer de nouvelles attaques contre les travailleurs et les masses. D’ailleurs, ce matin Pedro Sanchez a démissionné de son poste de parlementaire pour ne pas se voir obligé de voter contre l’avis de l’aile droite de son parti alors que celle-ci l’a écarté du poste de secrétaire général.

Face à cette situation, Pablo Iglesias (Podemos) a adopté de plus en plus un discours appelant à "reprendre la rue" face au nouveau gouvernement, mais avec l’objectif de renforcer sa stratégie parlementaire et de réforme du régime. Mais cette attitude du PSOE met aussi en crise la politique de Podemos dans les villes et régions où il gouverne avec le soutien du PSOE, ou dans les endroits où il soutient le PSOE au pouvoir.

Quoi qu’il en soit, cette manifestation massive pourrait signifier un retour de la mobilisation de masse face à la "caste" et aux attaques à venir. Il s’agit sans aucun doute de la seule alternative face au gouvernement de Rajoy. Au moment où nous écrivons, des manifestants sont encore présents devant le parlement.