Monde

#Black Lives Matters

Etat d’urgence en Caroline du Nord. Le gouverneur souhaite étouffer la contestation par la force !

Publié le 22 septembre 2016

Mardi dernier, Keith Lamont Scott, un Afro-Américain de 43 ans, a été abattu par un policier. Une victime noire de plus aux Etats-Unis. Des manifestations d’hommage ont eu lieu à Charlotte, fortement encadrées par la police, qui ont donné lieu à des affrontements entre force de répression et manifestants. Une atmosphère répressive qui s’est renforcée avec la mise en place de l’état d’urgence par le gouverneur de Caroline du Nord.

Frédéric Apoyo

La police assassine, le gouverneur couvre et réprime !

"Nous ne pouvons pas tolérer la violence. Nous ne pouvons pas tolérer la destruction des propriétés et nous ne tolèrerons pas les attaques contre nos policiers qui se produisent en ce moment " a ainsi déclaré Pat McCrory, gouverneur de l’Etat de Caroline du Nord, avant de mettre en oeuvre l’état d’urgence. Le message est clair : La police a officiellement droit de vie et de mort en ce qui concerne la population afro-américaine et quiconque s’opposera à cette politique raciste sera réprimé.

En début de semaine, la vidéo de l’execution deTerence Crutcher, 40 ans, par la police en Oklahoma avait scandalisé sur la toile. Celle de Keith Lamont Scott a provoqué de grandes manifestations à Charlotte. Selon la version policière, l’homme de 40 ans serait sorti de sa voiture une arme à la main, ce qui aurait obligé les policiers à tirer. Une version contestée par les proches de Keith, qui affirment que, lorsqu’il a été abattu, celui-ci tenait...un livre. Les deux dernières nuits, les manifestants ont pris la rue pour rendre hommage au quadragénaire. Ces manifestations ont été fortement encadrées par la police. Des assassins armes au poing prêt à dégainer matraque et lacrymogène, voire à tirer. Plusieurs manifestants sont en effet dans un état critique suite à des blessures par balles. Mais pour McCrory, cette violence là est tout à fait légitime. Comme il le dit lui-même, il s’agit de protéger les "propriétés". Face à cela, la vie de quelques centaines d’afro américain ne pèse pas bien lourd.

Bien entendu, en cette période électorale, les deux candidats à la Maison Blanche ne pouvaient rester silencieux après deux jours d’affrontements. Hilary Clinton a joué la carte de l’émotion, alors que son parti est au pouvoir depuis maintenant deux mandats. "Nous avons deux noms supplémentaires à ajouter à la longue liste d’Afro-Américains tués par des policiers. C’est insupportable et cela doit devenir intolérable" a-t-elle ainsi déclaré. Il est étonnant de voir que cela doit à présent devenir intolérable, comme si le quota d’afro américain assassiné par la police avait été atteint. Une déclaration aussi dégoûtante qu’opportuniste, mais qui n’a rien a envié à celle de Donald Trump. Ce dernier a déclaré qu’il œuvrerait à "faire à nouveau de l’Amérique un pays sûr". Une déclaration qui a au moins le mérite de l’honnêteté : plus de répression pour les opposants et les mains libres pour les forces de répression.

#Black Lives Matters ! Braver l’état d’urgence et prendre la rue !

Le gouverneur de Caroline du Nord a prévenu qu ’en cas de nouveaux incidents un couvre feu serait instauré. Une politique approuvée par la Maire de Charlotte, Jennifer Roberts, qui a déclaré tout tenter afin "de ramener la paix et le calme dans [leur] ville". Une politique autoritaire contre laquelle il faut lutter, car c’est par une opposition déterminée dans la rue que gouverneurs, maires, flics et toute la chienlit politique se retrouveront dans une impasse. Pour que cessent les assassinats d’Afro-américains, pour que les masses populaires, racisées ou non ne voient pas la liste s’allonger indéfiniment. Black lives matters !