Notre classe

Déjà assigné à résidence

État d’urgence : un mois de prison ferme pour 35 minutes de retard

Publié le 5 mai 2016

A Lyon, un jeune homme de 22 ans a été condamné à un mois de prison ferme pour s’être présenté avec 35 minutes de retard au commissariat du 5e arrondissement, où il était convoqué. Déjà assigné à résidence sous l’état d’urgence depuis le 16 novembre, le scandale continue, et c’est désormais en prison que l’homme est assigné pour 35 minutes de retard à un des trois pointages. Armes de guerres, violences policières, répression de la jeunesse, acharnement judiciaire, assignation à résidence sont quelques-unes des armes de l’appareil d’État et de sa police. La prison ferme pour panne de réveil vient maintenant compléter sa panoplie répressive.

Damien Bernard

Le jeune homme devait se présenter au commissariat du 5ème arrondissement de Lyon trois fois par jour : à 8h, 13h et 19h. Après bientôt six mois d’assignation à résidence, ce lundi matin, une panne de réveil lui a valu un mois de prison ferme pour trente-cinq minutes de retard. En six mois, le jeune homme avait par deux fois eu un retard, se présentant tout de même au commissariat. La troisième fois lui a valu d’être jugé le lendemain en comparution immédiate. Il a été condamné à un mois de prison ferme. Soit presque un jour de prison par minute de retard.

L’état d’urgence et ses mesures sécuritaires et liberticides ont déjà montré leur lot d’affaires les plus absurdes et les plus scandaleuses les unes que les autres. On se rappelle du jeune homme de 21 ans, non-voyant, assigné à résidence pour avoir raser sa barbe. A Lyon, cet homme est lui « suspecté d’activité dangereuse » et serait donc « jugé potentiellement dangereux », une mascarade d’autant plus visible lorsque l’on voit que ces assignations à résidence n’ont en rien fait « reculer » le terrorisme.

Cet arbitraire policier, le gouvernement compte le prolonger de deux mois supplémentaires, notamment durant l’euro 2016. Désormais, il ne fait plus de doute pour personne que cet état d’urgence sert en réalité à réprimer le mouvement social, et notamment sert à réprimer la jeunesse mobilisée contre la loi Travail. Avec cette condamnation, c’est un pas de plus vers cet état sécuritaire et autoritaire.

Pour 35 minutes de retard à un rendez-vous à l’hôtel de police, c’est désormais à 1 mois de prison ferme que Hollande et son état d’urgence veulent le condamner. Plus que jamais, nous devons nous opposer à cette condamnation et exiger sa libération immédiate, l’abandon de toute poursuite et la fin de son assignation à résidence !