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Monde

A la suite de la grève générale de 2012

Etat espagnol. Alfon, 24 ans, condamné à 4 ans de prison pour faits de manifestation

Roberto Jara Alfon a été condamné à quatre ans de prison pour avoir participé à la grève générale du 14 novembre 2012 à Madrid. Il s’agit d’un cas exemplaire de la criminalisation de la protestation et de la répression que subit la jeunesse dans l’État espagnol. Arrêté après la grève, il a été incarcéré sous régime de haute sécurité (FIES) jusqu’en janvier 2013, accusé d'avoir transporté un explosif dont les juges n’ont jamais réussi à prouver l’existence. Après avoir condamné par l'Audience Provinciale en novembre 2014, le Tribunal Suprême a finalement ratifié le 17 juin la peine de 4 ans de prison.

Mercredi, la tension était palpable dans le quartier ouvrier de Vallecas, où des centaines de manifestants ont réalisé une haie pour accompagner Alfon au moment de son arrestation. Alfonso Fernández Ortega, connu sous le surnom d’Alfon, est de ces jeunes ouvriers madrilènes, militant contre la répression et la précarité. Suffisant, pour la justice bourgeoise, pour vouloir faire un de lui exemple. Le procès, en tant que tel, a été émaillé d’irrégularités, et le manque de preuves était tellement flagrant que les juges, au cours de l’instruction, en sont arrivés à ordonner la saisie de matériels des Bukaneros, les ultras du club de foot madrilène Rayo Vallecano, dont Alfon est membre.

De nombreux rassemblements de protestation ont été appelés dans tout l’Etat espagnol en soutien à Alfon pour dénoncer son arrestation, son incarcération et toute cette affaire qui n’est qu’un montage politico-judiciaire. C’est également l’expression d’une justice de classe. Il suffit de penser à l’affaire du « Pequeño Nicolás » [littéralement, « le Petit Nicolas »], un jeune bourgeois accusé d’avoir escroqué 90.000€, parrainé par les cercles de la bourgeoisie conservatrice et dont la presse et la justice parlaient comme d’un jeune homme bien élevé « un peu espiègle ». Pour les médias, en revanche, Alfon a été décrit comme un jeune violent qu’il fallait emprisonner.

Tout en étant très symbolique, le cas d’Alfon n’est pas un cas isolé. Il suffit de penser aux ratonnades et aux expulsions opérées par la Garde Civile, responsable, par ailleurs, du meurtre de quinze migrants, le 6 février dernier, à Ceuta, à la répression contre la gauche aberxtale basque au cours de « l’Opération Mate », qui a conduit, en janvier, à l’arrestation de seize avocats et militants proches des milieux indépendantistes basques, à la répression contre la chaîne humaine défendant des militants basques de la police régionale à Gasteiz, le 18 mai dernier, à « l’Opération pandora » qui a visé les milieux anarchistes dans plusieurs villes du pays, en décembre 2015, ou encore à la répression qu’ont vécue les grévistes de Panrico de Barcelone, Coca Cola de Fuenlabrada ou encore de Movistar. Le site de Clase contra Clase couvrira les manifestations et rassemblements prévus en soutien à Alfon le samedi 20 juin dans les principales villes de l’Etat espagnol

18/06/15




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