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Monde

Immigrés mobilisés contre les politiques racistes

Etats-Unis. 10 000 immigrés en grève dans le Milwaukee

Wladek Flakin Trad. MV Que se passerait-il si l’administration Trump allait vraiment déporter des millions de travailleurs sans papiers ? La mobilisation dans le Milwaukee et le Wisconsin en a donné un avant-goût ce lundi 13 février, le #JourSansLatinos (#DayWithoutLatinos). Plus de 10 000 personnes se sont mises en grève.

Le soleil brillait, et les rues du Milwaukee, sur les côtes glaciales du lac Michigan, étaient remplies de manifestants. Plus de 150 boites ont fermé ce lundi pour prendre part au #JourSansLatinos. L’association Voces de la Frontera (« Voix de la frontière ») du Wisconsin a organisé la manifestation avec d’autres organisations musulmanes et anti-racistes. Les immigrés sans-papiers jouent un rôle énorme pour l’économie du Wisconsin, et particulièrement dans l’industrie laitière de l’Etat.

Les manifestants ont quitté le lieu de travail, les écoles et les fermes. Les élèves du primaire et secondaire ont vu leur absence excusées s’ils avaient une permission de leurs parents. Des cars sont venus de plus de 25 villes de l’état. Tous se sont retrouvés à 11h et ont marché à travers le centre-ville, jusqu’au palais de justice du Milwaukee. Ils scandaient : « Si se puede ! » (« Oui nous pouvons ! ») et « El pueblo unido jamás será vencido ! » (« Le peuple uni ne sera jamais vaincu »).
« Nous sommes travailleurs, pas criminels » pouvait on lire sur une banderole en tête de cortège. Pendant que certains des syndicats ouvriers sont passés sous la logique chauviniste de Trump, celle de protéger les emplois en éloignant les « aliens illégaux », comme ils disent, d’autres syndicats reconnaissent la nécessité d’unir tous les travailleurs, avec ou sans papiers. L’Association d’éducation des professeurs du Milwaukee était une des organisations qui soutenait la mobilisation.

#StopClarke a été un slogan central durant la marche. David Clarke, un shérif du Milwaukee, veut mettre son département au service du programme 287 de l’Agence fédérale de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE, en anglais). Cela permettrait à ses officiers de représenter l’ICE, leur donnant le pouvoir d’arrêter et détenir des personnes sans papiers. Dans un post Facebook, Clarke justifie une « bavure » par des propos racistes, y compris la nécessité de « faire de la prévention quant à la propagation des maladies infectieuses telles que la grippe H1N1, et Ebola » et même le fait de stopper les réfugiés qui « envahiraient des services publics américains limités ». Le shérif a appelé à « zéro tolérance ».
Clarke, qui a été caricaturé avec son énorme chapeau de cowboy à la tour de Trump, est l’un des trois hommes noirs à peu près qui soutiennent le président américain. Tous les médias nationaux ont relevé son discours incroyablement raciste qu’il a présenté à la Convention nationale républicaine, où il a attaqué spécifiquement le mouvement Black Lives Matter en le qualifiant d’un « groupe qui incite à la haine » et qui « rejoindra les forces de l’Etat islamique ».

Le plan de Trump pour les déportations va les faire se multiplier, dépassant les 2,4 millions de personnes déportées pendant les deux mandats de Barack Obama. Le problème reste que l’économie américaine est dépendante du travail des immigrés sans papiers. Même les politiques les plus racistes ne sont pas conçues pour que tous les immigrants soient déportés, mais plutôt pour les faire vivre dans une peur constante et accepter d’être encore plus exploité.

La mobilisation dans le Milwaukee montre un autre pas en avant dans la résistance contre Trump : les travailleurs interrompant la production et stoppant l’économie. La gauche et le mouvement ouvrier – y compris tous les travailleurs immigrés – doivent débattre d’urgence de la manière dont on peut avancer vers une grève générale dans tout le pays.




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