Société

Combien de temps encore nos écosystèmes pourront-ils supporter ?

Une étude estime que la capacité des écosystèmes à subvenir aux besoins humains est remise en cause

Publié le 21 juillet 2016

Léo Serge

Le capitalisme adore chiffrer, particulièrement ce qu’il n’a pas encore annexé. En 2014, l’économiste américain Roberto Costanza concluait un rapport ainsi : la valeur des services écologiques globaux s’élevait à 125000milliards de dollars par an. Traduction : l’eau pure, l’oxygène respirable, la faune, la flore, bref notre environnement qui rend notre vie possible… ou non. Or que fait le capitalisme ? Et bien il fait le plus d’argent possible, c’est à dire qu’il pollue, puisque c’est ainsi qu’ont gagne le plus grand profit. Résultats ? Selon les 23 scientifiques internationaux ayant traité statistiquement 2,38 millions de rapports sur l’état de la faune et la flore terrestres, la diversité des espèces a en effet baissé de 15,4 % sur plus de la moitié des terres. Pour être soutenable, la perte de biodiversité doit rester inférieure à 10 %, selon une étude publiée dans Science en 2015. Leur conclusion est donc la suivante : « Cette perte de biodiversité, si elle reste incontrôlée, sapera les efforts vers un développement durable de long terme ». Traduction : nous sommes en train de nous autodétruire, sans connaître exactement les conséquences de nos actes.

Si l’on veut être plus concret il suffit d’écouter Tim Newbold, chercheur spécialisé dans l’impact humain sur la biodiversité au sein du University College of London : « Les fonctions écosystémiques sont gravement menacées par cette disparition des espèces. Dans de nombreuses zones, l’intervention humaine devra bientôt remplacer les services rendus par la nature. »

Autrement dit, il faudra bientôt polliniser à la main ou avec des robots car nous sommes en train de tuer massivement les abeilles et les autres insectes volants… Enfin nous… il faudrait plutôt dire le système agro-alimentaire industriel, leurs complices politiques et les grandes firmes productrices d’insecticides et de pesticides par ailleurs massivement cancérigènes. Le capitalisme nourrit la planète avec du poison, à court, moyen et long terme. Bien sûr nous pourrions nous nourrir autrement – et avec une efficacité très similaire – mais cela impliquerait moins de bénéfice pour les oligopoles du secteur… cela n’arrivera donc pas, à moins que nous piétinions ce capitalisme qui nous piétine.

En attendant, la pollinisation, la production de nutriments nécessaires à la croissance des plantes, l’épuration naturelle des eaux ou encore la production d’oxygène sont menacées par la baisse de la biodiversité des écosystèmes. Une érosion de la biodiversité est documentée de longue date mais qui semble ne faire que s’accélérer sans qu’aucune mesure réelle ne soit prise. Les grands sommets de la terre sont incapables de freiner les intérêts capitalistes.

La loi sur la biodiversité qui vient d’être voté en France est ainsi très insuffisante puisqu’elle est soumise aux lobbys.

En tant que communiste nous ne sommes pas écologistes seulement parce que nous voulons « sauver les ours blancs ». Nous sommes écologiste parce qu’il en va de la survie de toutes les espèces présentes et futures sur cette planète, y compris de l’humanité. Or cette survie passe par le maintien de la biodiversité. Pour cela il faudra détruire le système actuel et ses mécanismes.