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Jeunesse

Enseignement supérieur et recherche

Étudiants, Macron n’annonce rien de bon pour nous

Le programme concernant l’enseignement supérieur et la recherche du nouveau président n’est pas souvent évoqué, il y a peu d’éléments concrets, mais les quelques références qu’on peut trouver laissent déjà de mauvais présage pour nos universités.

Entre la CPU et Macron, des intérêts communs

D’une manière générale on peut dire que le programme de Macron respecte les intérêts de la Conférence des Présidents des universités (CPU), haut lieu de la bureaucratie universitaire. On comprend pourquoi la semaine dernière, un certain nombre de ses membres ont, « appelé à faire barrage au FN », utilisant ainsi « de manière exceptionnelle » leur position de pouvoir pour diffuser un avis politique à des milliers d’étudiants par le biais de leur messagerie universitaire. Des prises de positions appelant à « défendre les valeurs universitaires » qui paraissent évidemment très hypocrites puisque ce sont les premiers à être responsables de la casse de nos universités et de ses « valeurs » depuis des années.

Les « prérequis », une sélection qui ne dit pas son nom

Nous avions déjà écrit concernant ces pré-requis qui seraient dorénavant nécessaires en plus du baccalauréat pour s’inscrire à l’université.Tout en restant très flou, Emmanuel Macron annonce qu’il donnera le droit à chaque filière de fixer ses propres critères, les fameux « pré-requis », afin de pouvoir sélectionner les étudiants qui pourront s’inscrire. Pour ceux qui n’auraient pas les compétences demandées, un stage de mise à niveau sera nécessaire, ou bien il faudra faire une croix sur la formation demandée.

De plus si Macron affirme aujourd’hui ne pas prévoir d’augmentation des frais d’inscriptions pour les étudiants français, il précise que sa : « position est plus ouverte sur les droits d’inscription des étudiants étrangers : il n’y a pas de raison que les contribuables français financent les études de tous les étudiants étrangers qui choisissent de venir chez nous ». Nous sommes bien loin d’une université libre et gratuite pour tous et toutes.

Une « nouvelle étape » vers l’autonomie des universités

S’inscrivant dans la droite lignée des dernières contre réformes LRU et Fioraso, Emmanuel Macron souhaite accélérer le processus d’autonomisation des universités. Cela passe par la sélection des enseignants chercheurs par les universités directement, sans passé par le CNU (Conseil national des universités) comme c’était le cas auparavant.

Macron précise que ce n’est pas seulement une autonomie dans la gestion des universités, mais aussi une plus grande autonomie pédagogique. Les Univesités doivent s’adapter afin de donner « plus de flexibilité pour les étudiants qui travaillent ». Autant dire que le salariat étudiant, principale cause de l’échec scolaire et qui touche en priorité les étudiants issus d’un milieu moins favorisé, n’est pas prêt de dimunuer. Au contraire, Macron souhaite l’encourager, ce qui aura pour conséquence d’agraver encore la sélection sociale dans nos universités..

Enfin, le président-banquier occulte totalement le bilan de la politique d’autonomie des universités. Car c’est bien ces politiques qui sont responsables de l’entrée massive des représentants d’entreprises dans nos conseils d’administration, mais aussi du manque de budget, de la mise en concurrence des différentes filières selon des critères de rentabilités, de la fermeture de certaines formations, etc.

Des financements, mais à deux vitesses

Au-delà d’effet d’annonces, comme il le fait avec son grand plan d’investissement de 50 milliards dont « naturellement, l’enseignement supérieur et la recherche [bénéficiera] », l’aspect important porte sur la poursuite des politiques de financement aux mérites. « nous attribuerons des moyens supplémentaires aux établissements d’enseignement supérieur et de recherche sur des bases contractuelles » déclare t-il. Nous connaissons ces « financements contractuelles », dont l’IDEX est un exemple, et qui depuis des années maintenant sont un moyen de pression sur les universités pour les forcer à respecter les désirs du gouvernement : fusion, sélection, etc.




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