^

Notre classe

Les sites de Bergerac et Sorgues mobilisé

Eurenco : grève illimitée et rassemblement contre les sanctions injustifiées

Depuis le 17 juillet, une grève illimitée est en cours chez Eurenco à Bergerac : conditions de travail qui se dégradent, pression qui s’accroît… Ce lundi 24 juillet à 15h, les grévistes se sont rassemblés pour dénoncer les convocations abusives envers les salariés, notamment la convocation de « Jean-Mi », militant syndical qui risque le licenciement, dans une autre usine du groupe présente à Sorgue.

Après une grève victorieuse l’an dernier, les 200 travailleurs de la poudrerie de Bergerac retournent en grève illimitée depuis une semaine maintenant, pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail. Cette grève a été précédée de l’envoie d’une lettre de revendication à la direction. Lettre d’ailleurs signée par l’ensemble des syndicats présents sur le site (CGT, FO, CFDT, CFE CGC), ce qui montre bien que l’ensemble des travailleurs est sous pression. Depuis, la direction n’a pas donné de nouvelles et ne semblent pas décidée à changer de position, d’où la grève illimitée appelée par la CGT en ce moment.

Dénoncer les conditions de travail dans le nouveau bâtiment

Les travailleurs dénoncent en premier lieu la dégradation de leurs conditions de travail depuis la construction d’un nouveau bâtiment. En effet, la production a tout d’abord commencé dans ce nouvel atelier alors qu’il n’est même pas fini, exposant ainsi les travailleurs à des conditions de sécurité déplorables : « les vieux bâtiments battent des records de production en ce moment, le nouveau n’est pas fini, il faut déjà produire avec, c’est n’importe quoi », nous confie un des salariés.

De plus, l’ouverture de ce nouvel atelier a logiquement entraîné une augmentation du travail à effectuer. Or, aucune nouvelle embauche n’est prévue et les travailleurs doivent donc subir des cadences de travail toujours plus élevées pour répondre à la nouvelle forme de production.

Avec l’arrivée du nouveau bâtiment, la direction a décidé d’installer des caméras de surveillance sur le site. Depuis, les travailleurs constatent un pistage abusif, pression d’autant plus grande lorsqu’on est délégué syndical : « au moindre faux pas tu te fais convoquer », déplore l’un des représentants interrogés. De manière général, c’est une vingtaine de convocations par le directeur qui ont déjà eu lieu. Une pression toujours plus grande pour que les travailleurs soient obligés de suivre les nouvelles cadences qui leur sont imposées.

Mobiliser contre la répression syndicale

La direction du groupe n’a pas hésité à convoquer Jean-Mi syndiqué à la CGT, travaillant sur le site de Sorgues parce qu’il se serait endormi sur son poste. Sur ce point, le syndicat est clair : leur camarade ne s’est pas endormi mais assoupie, en rappelant également qu’il travaillait en heure posté. « Qui n’a pas connu un seul instant de fatigue sur des roulements en 3*8 ou 4*8 ? » s’indigne un de ses collègues Bergerac.
Une convocation avec des possibilités de sanctions est donc intolérable pour ses camarades travailleurs qui se sont dès lors mobilisés.

Suite au rendez-vous avec la direction du site de Sorgues, la responsable des ressources humaines a précisé que la sanction serait rédigée sous deux jours, en espérant qu’elle ait entendu le message des travailleurs, qui n’en démorderont de toute manière pas.

Une grève sur mesure

Quand on parle de grève illimité, c’est surtout que le préavis court sur une durée longue, mais les travailleurs vont tout de même parfois travailler. Ce qui se passe, c’est que certains sortent pour deux heures une journée, quatre heures le lendemain, puis travaillent une journée pleine… Le fait est que si chacun faisant cela, l’usine a beaucoup de mal à tourner, les machines s’arrêtent et prennent du temps à redémarrer. Cette tactique adoptée par les deux sites vient du mouvement de l’an dernier à Bergerac (où les grévistes avaient obtenue une augmentation de salaire), c’est suite à une adaptation de la direction aux grèves « classiques », qu’il a fallu innover.

Il reste des obstacles pour que l’usine soit totalement arrêtée, beaucoup d’intérimaires y travaillent, on parle d’environ 50 % (et 70 % dans le nouveau bâtiment).

Les grévistes sont tout de même sereins et assurés, à raison, que leur grève impacte la production, le directeur ne pourra pas faire la sourde oreille longtemps.

Il faut souligner la belle solidarité entre les deux sites de Bergerac et Sorgues pourtant éloignés géographiquement, l’un en grève contre les conditions de travail, l’autre en grève contre les sanctions envers un travailleur.

On doit aussi préciser que des cheminots de Périgueux étaient présents en soutien, ainsi que différents membres de la CGT. Des retraités de l’entreprise étaient également présents.

La grève ne s’arrêtera pas sans avancées concrètes, le site sera bientôt fermé pour les vacances estivales, les travailleurs soupçonnent le directeur de faire la sourde oreille jusque là pour épuiser le mouvement, mais « si le site est fermé, d’autres actions auront lieux, » affirme le tract CGT !

A la rentrée, suite au Conseil d’Administration, des Assemblées générales seront prévues pour discuter de la suite du mouvement.

Pour plus de photos : l’album photo du rassemblement par un militant cgt




Mots-clés

Lutte des classes   /    Grève   /    Répression   /    Notre classe