Société

Misère et exploitation ‎

Expulsion de migrants devant France Terre d’Asile : non à la criminalisation de la pauvreté

Publié le 27 juillet 2016

Ce vendredi 22 juillet au matin, la préfecture de Paris a donné l’ordre d’évacuer le campement des migrants situé devant les locaux de France Terre d’Asile boulevard de la Villette. Entre 1200 et 1500 réfugiés avait du se réfugier sous le métro aérien en attendant de pouvoir commencer les démarches propres aux demandes d’asile.

George Waters

La préfecture, comme d’habitude, a montré à quel point la misère était à leurs yeux criminelle : plus de 50 camions des CRS et des gendarmes mobiles ont été déployés autour de la zone, le métro fermé dès 5h du matin. Expulsés violemment, la préfecture annonce les avoir "mis à l’abri". Il s’agit en réalité de conduire les migrants dans des centres parfois très éloignés de centres où ils peuvent être suivis, dans la plus grande précarité. Quelques familles avec enfants ont été dirigées vers un centre quai de Valmy, à 200m de là.

La localisation de cette répression rappelle l’extrême précarité des migrants : elle a eu lieu devant France Terre d’Asile, qui est en fait l’organisme qui, sur Paris, est le seul habilité à donner un rendez-vous en préfecture pour faire les procédures : celles et ceux qui attendaient là voulaient juste avoir un rendez-vous avec France Terre d’Asile, lequel leur donnera le droit à un rendez vous en préfecture. Cependant, la préfecture limite à France Terre d’Asile le nombre de rendez vous qu’elle peut donner par jour, et ce, au jour le jour : entre 20 et 100 suivant l’humeur du préfet. Les migrants préfèrent donc dormir devant pour avoir le plus de chances possibles d’avoir ce rendez vous.

France Terre d’Asile a répondu de la façon la plus policée possible à cette évacuation devant ses portes : le directeur n’a fait que pointer le manque de moyen de son organisme, sans jamais dénoncer les méthodes brutales de la police. Il sait pourtant pertinemment la réalité de ces expulsions : quand ce ne sont pas de vieux gymnases ou de vieux hopitaux insalubres qui sont réquisitionnés, les migrants emmenés dans des hôtels miséreux en banlieue parisienne, là où ils ne pourront ni faire les démarches nécessaires ni travailler ou s’installer. Sans compter le traumatisme de l’expulsion, durant lequel ils sont traités comme du bétail, quand on ne leur dit pas où ils seront menés : il s’agit systématiquement de créer des conditions stressantes et traumatisantes pour mieux contrôler ces populations. Cette concupiscence de Terre d’Asile avec l’Etat est aussi à lier avec le fait que son directeur, encarté PS, ne cherche pour l’instant qu’à accepter les subventions de la mairie sans jamais aller plus loin.‎

Finalement, la police ne se contente pas d’expulser : pour compléter sa politique répressive, elle harcèle les militants qui aident les réfugiés. Ainsi, Nikita, militant de longue date, qui vivait sa trentième évacuation, témoignait qu’il était tellement tracé par la police qu’il en était à son quatrième numéro de téléphone, et qu’il ne comptait plus les contrôles et provocations de la police.‎