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FN. Philippot gesticule pour masquer la crise

C’est la tourmente au FN. Alors que Marine Le Pen devra faire face à une candidate soutenue par son père à Hénin-Beaumont et que les factions radicales décomplexées ne souhaitent plus jouer le jeu de la dédiabolisation voulue par les factions plus « modérées », Florian Philippot tente désespérément de maintenir l’illusion de la cohésion au sein du parti.

Crédits photo : NICOLAS MESSYASZ/SIPA

« Nous sommes loin de l’implosion ». C’est ce qu’affirme Florian Philippot ce jeudi 8 au matin sur Radio Classique. Cette affirmation semble pourtant bien à contre-pied des conflits et divergences qui déchirent le parti depuis sa défaite au 2nd tour de l’élection présidentielle. Alors qu’il avait lui-même menacé quelques semaines auparavant de quitter le navire, c’est en ambassadeur de l’union que Florian Philippot s’est présenté ce matin dans une dernière tentative de grappillage de voix pour les législatives. Il faut dire qu’ils vont en avoir besoin puisque depuis la fin de la campagne, la stratégie de dédiabolisation du FN est fortement remise en cause par ses partisans les plus extrémistes. Ces derniers ont d’ailleurs créé un nouveau mouvement d’extrême droite, l’Union des patriotes qui présente entre 150 et 200 candidats aux élections législatives ayant tous reçu le soutien officiel de Jean-Marie Le Pen. Un coup dur pour le parti et notamment pour Marine Le Pen qui se retrouve opposée à une candidate de l’Union des patriotes à Hénin-Beaumont alors qu’elle se voyait déjà l’emporter.

C’est conscient de ces difficultés, malgré ce qu’il veut laisser paraître, que Florian Philippot s’exprime sur Radio Classique ce 8 juin. Comme le dit l’adage, « aux vieux maux, les vieux remèdes » et en période de doute, il ne faut pas hésiter à user des valeurs sûres. Voici donc venu le retour du FN comme seul rempart contre « l’UMPS », vieille formule dans laquelle on devine que le vice président du FN inclut Emmanuel Macron. Cette stratégie de communication bien connue du FN consiste à s’imposer comme seule alternative au système et à saisir les brèches béantes, ouvertes par les LR et le PS. En effet, Cambadélis a beau avertir du danger d’une pensée« Macr-unique » à l’assemblée nationale, il n’en demeure pas moins que le PS, tout comme Les Républicains, sauront tenir leur rôle lorsqu’il s’agira d’appuyer les réformes structurelles voulues par les classes dominantes. Toutefois, l’imposture du FN consiste à se redonner des airs de parti luttant contre son oligarchie, éclipsant bien évidemment les affaires de gros sous significatives de sa parfaite accointance avec le système capitaliste, sans parler du programme ouvertement anti-ouvrier du FN.

A l’aube du 1er tour des élections législatives, Florian Philippot et le FN avec lui semblent en proie au tourment. Leurs ambitions parlementaires avaient été revues à la baisse puisqu’ils visaient l’objectif de 50 députés alors que les objectifs en interne étaient plutôt d’une quinzaine de sièges espérés à l’assemblée nationale. D’autant plus qu’après des efforts acharnés pour faire croire en la dédiabolisation du parti, les révélations du site Buzzfeed viennent mettre un sacré coup de plomb dans l’aile de leur ligne stratégique. Épluchant les réseaux sociaux des 573 candidats FN aux législatives, Buzzfeed a pu mettre en lumière une centaine d’entre eux ayant posté, aimé ou partagé des contenus homophobes, antisémites, islamophobes ou racistes. Là aussi, le FN joue la montre, quitte a menacer l’opération de dédiabolisation, pour ne pas secouer un peu plus une organisation qui, malgré les dires de Philippot, traverse une crise importante. Une façon aussi, pour le vice président du FN, de regagner en légitimité au sein de la formation d’extrême droite.




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