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Politique

Le vrai visage

FN : l’ancien chef du GUD est salarié de la campagne de Marine Le Pen

Le fondateur du GUD, Frédéric Chatillon, réputé pour son antisémitisme, son racisme et son passé avec la justice, vient d’être embauché dans l’équipe de campagne de Marine Le Pen.

Le Canard enchaîné a titré le mercredi 14 mars « Ce néonazi que le FN salarie en cachette » révélant que Frédéric Chatillon serait depuis le 2 novembre 2016 chargé de mission dans la campagne présidentielle de Marine Le Pen, embauché à mi-temps pour des fonctions de « coordinateur technique du print et du web ». L’ancien fondateur du Groupe union défense (GUD) au passé antisémite et raciste a confirmé l’information quelques jours plus tard à l’AFP.

Un homme qualifié de « néonazi »

Frédéric Chatillon et Marine Le Pen se sont connus sur les bancs de la faculté d’Assas dans les années 1990 et ont lié une grande amitié. Le personnage est bien connu des milieux d’extrême droite : il est le fondateur du Groupe union défense (GUD), syndicat étudiant ouvertement raciste, antisémite et homophobe. En juin 2014, alors que Chatillon attaque en justice un journaliste l’ayant qualifié de « néonazi », un ex-militant du GUD témoigne à l’encontre du fondateur du GUD et raconte de nombreuses anecdotes. Il y explique notamment qu’à l’époque où ils militaient ensemble, l’ex-patron et fondateur du GUD organisait chaque année « un dîner le jour de l’anniversaire du Führer » pour « rendre hommage à ce grand homme », ainsi que des soirées étudiantes en « pyjamas rayés en allusion aux tenues de déportés juifs ». Il raconte également une rencontre en 1992 entre Frédéric Chatillon et Léon Degrelle, ancien Waffen-SS et fondateur du mouvement collaborationniste Rex en Belgique.

Frédéric Chatillon noue également des amitiés avec des négationnistes tels que Robert Faurisson et Roger Garaudy, dont il prendra en charge la sécurité par le biais du GUD avant de travailler dans la librairie négationniste Ogmios.

Frédéric Chatillon est également le fondateur de la société de communication Riwal, qui devient dès 1995 prestataire du FN, mais également du régime syrien à qui il a rendu visite en 2006 en compagnie de Dieudonné et Alain Soral. Le régime syrien l’aurait, ces dernières années, payé entre 100000 et 150000 euros par an pour assurer sa communication en France, selon une enquête de Mediapart, ce qui en ferait un allié de poids du régime meurtrier de Bachar al-Assad. L’ex-militant du GUD ayant témoigné contre lui rapporterait même que lors d’un de ses voyages en Syrie, Frédéric Chatillon aurait été interpellé par les services français à la descente de l’avion car rapportant un exemplaire en arabe de Mein Kampf, gracieusement offert par le général Tlass, l’une de ses connexions syriennes.

Au cœur des magouilles du FN

De plus, Frédéric Chatillon est au cœur des magouilles du FN avec la justice. Il est notamment le personnage central de l’affaire Jeanne dans laquelle sa société Riwal est soupçonnée d’avoir surfacturé des kits de campagne des candidats FN aux élections législatives de 2012. Il a ainsi été mis en examen en janvier 2015 pour « escroquerie », « faux et usage de faux », « abus de biens sociaux », et « blanchiment d’abus de biens sociaux ».

Le patron de Riwal est également impliqué en mai 2016 dans l’affaire des Panama Papers, soupçonné d’avoir mis au point un circuit financier afin de faire sortir 316000 euros de France pour les mettre à Singapour et ainsi éviter le fisc français.

Une dédiabolisation, vraiment ?

La stratégie de dédiabolisation que met en place Marine Le Pen depuis plusieurs années est donc en contradiction avec les influents communicants de l’ombre qu’elle garde au plus près d’elle, dans son cercle proche. Cela nous montre définitivement qu’il s’agit bien d’une façade pour le FN qui conserve en son sein un noyau dur toujours adepte des idées qui ont été à l’origine de la création du parti.

Frédéric Chatillon n’est pas le seul à conserver un rôle clé dans la campagne présidentielle et à traîner un passé des plus douteux : le trésorier de Jeanne (le micro-parti officieux de Marine Le Pen), Axel Loustau, est également un ancien du GUD, accusé d’antisémitisme et d’actes racistes. Son directeur de campagne Philippe Vardon, ex-leader identitaire niçois, a également été condamné à six mois de prison ferme en 2014 pour s’être battu sur la voie publique un soir d’élections.

Le rôle déterminant qu’occupent ces hommes au sein de la campagne présidentielle de Marine Le Pen est très révélateur. Des postes tels que la communication, la trésorerie ou la direction de campagne ne sont assurés que par des personnes de confiance au sein d’un parti politique. Impossible ici de faire croire à qui que ce soit que ces hommes seraient passés entre les mailles du filet et seraient le résultat d’une inattention dans la conception de l’équipe de campagne.




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