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Politique

Jean-Luc Coronel de Boissezon, démission !

Fac de Montpellier : un professeur de droit, accusé d’avoir bastonné des étudiant.e.s, ne dément rien

Outre Philippe Pétel, doyen de la faculté de droit de Montpellier, forcé de démissionner, quatre enseignants de la faculté sont mis en cause dans l’agression fasciste qui a eu lieu dans la nuit du 22 au 23 mars. L’un d’entre eux, Jean-Luc Coronel de Boissezon, professeur d’histoire du droit, a confirmé à Libération sa présence lors de l’agression des étudiant.e.s mobilisé.e.s. Loin de nier le passage à tabac dont l’accusent plusieurs témoignages, il a assuré ne pas avoir « l’habitude lorsqu’[il est] agressé de rester passif ».

Après Philippe Pétel, doyen de la faculté de Montpellier, contraint de démissionner, c’est autour de Jean-Luc Coronel de Boissezon, professeur d’histoire du droit à l’Université de Montpellier, que l’étau se resserre dans l’affaire de l’agression fasciste des étudiant.e.s mobilisé.e.s. Sa présence dans le hall de l’université au soir du 22 mars aux côtés de Philippe Pétel attestée par une vidéo fait échos aux témoignages d’étudiant.e.s agressé.e.s qui assurent l’avoir vu passer à tabac une jeune fille présente dans l’amphithéâtre occupé. A Libération, C. étudiant de droit, confie l’avoir vu pénétrer dans l’amphithéâtre au moment de l’agression. « Il n’était pas cagoulé, il avait des gants, il s’est précipité en bas de l’amphi avec d’autres personnes et s’en est pris à une fille recroquevillée, sur l’estrade. » rapporte-t-il dans le quotidien.

Contacté par Libération, ce co-directeur du Master 2 d’histoire du droit a confirmé sa présence sur les lieux : « Si j’étais bien présent dans l’amphithéâtre de ma faculté ce soir-là, […], je n’étais évidemment pas cagoulé et donc parfaitement identifiable de mon plein gré. ». Sur les faits de violences qui lui sont reprochés, Coronel de Boissezon ne dément rien, mais répond « je n’ai pas l’habitude, lorsque je suis agressé, de rester passif ». Un sens de la mesure – et de la justice pour ce professionnel du droit - qui justifierait, à ses yeux, l’usage de lattes de bois et de coups de poing par des enseignants face à « l’agression » que constitue une occupation pacifique d’amphithéâtre votée en assemblée générale par des étudiant.e.s.

Jean-Luc Coronel de Boissezon, au téléphone, derrière Philippe Pétel, le soir du 22 mars. (capture d’écran vidéo Paul-Va Lève toi)

Et c’est le même type d’argutie fallacieuse que l’on retrouve dans la tribune d’un de ses confrères de Paris 1, François-Xavier Lucas, dans les colonnes du Figarovox, pour défendre l’agression d’une milice fasciste ayant envoyé plusieurs étudiant.e.s à l’hôpital. Avec ce dernier, Jean-Luc Coronel de Boissezon partagerait non seulement la robe, mais aussi des positions politiques, très conservatrices, comme l’attestent leurs deux signatures d’une tribune de professeurs de droit, opposée au mariage pour tous, en 2013.

Jean-Luc Coronel de Boissezon aurait également participé à des manifestations organisées par la Ligue du Midi, groupuscule identitaire néo-nazi. C’est ce qu’a pointé Sophie Mazas, présidente de La ligue des Droits de l’homme de l’Hérault, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue mardi 27 mars, en révélant une photographie d’une des manifestations organisées par la Ligue du Midi, il y a deux ans, et sur laquelle Jean-Luc Coronel de Boissezon apparait.

Au-delà de Coronel de Boissezon, un autre professeur spécialiste du droit de la santé et membre du Cercle k2, un think tank dont Philippe Pétel est également membre, serait mis en cause dans l’agression. C’est également le cas de deux doctorants qui auraient été identifiés ce soir là parmi les agresseurs.

Alors que dans un premier temps, Pétel s’était défendu en affirmant que les auteurs des faits de violence étaient des étudiant.e.s anti-mobilisation, en réalité, il s’agit bel et bien de représentants et membres de l’institution universitaire qui sont à l’origine de ces méthodes fascistes : un doyen, des enseignants, des doctorants chargés de cours. La vérité et la justice doivent être faites sur cette affaire, et les démissions doivent tomber.

Source image : capture d’écran vidéo tournée dans le hall du site de la fac de droit de Montpellier, "l’incendie des tampons", page facebook Paul-Va Lève Toi !.




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