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Jeunesse

« Le sang coule de leurs mains »

Face à Macron, des étudiants belges dénoncent la répression de l’État français

Ce mardi 20 novembre, Macron a tenu une conférence devant 800 étudiants, lors de sa visite à l'université de Louvain, en Belgique. Un groupe d'étudiants a protesté contre sa présence, banderoles et pancartes en main, dénonçant la répression qui sévit en France.

Crédit photo : Sudinfo.be

Une pancarte tenue par un étudiant dit « Le sang coule de leurs mains - Renseignez-vous » tandis que d’autres distribuent des tracts. Le message de ces étudiants belges dans l’amphithéâtre est clair : informer tous les étudiants de la réalité de la politique macronienne pour les manifestants, et notamment les étudiants, en France. Un autre étudiant l’interpelle directement : « Pourquoi vous matraquez les étudiants ? Pourquoi vous êtes le seul pays qui jette des grenades contre sa propre population ? »

Vidéo : Danyell Yoo

La réaction du Président est un faux-semblant de dialogue, puisqu’il invite cet étudiant à « poser sa question » dans le cadre du débat de la conférence. Or à peine l’étudiant a-t-il interpellé Macron que des agents de sécurité interviennent et tentent d’évacuer le groupe. L’opposition des étudiants face à Macron est rendue inaudible. Dans le bref échange entre l’étudiant en colère et le Président, on entend ce dernier lui répondre « [le sang] des mains de qui ? » Macron nie toute responsabilité, voire l’existence même des faits de répression, pourtant bien réels et présents dans la majorité des manifestations contre le gouvernement.

Non seulement Macron nie la répression, mais il profite de la situation pour faire la leçon à ce groupe d’étudiants « perturbateurs » qui distribuait des tracts : « Ne jetez pas de papier, ce n’est pas vous qui allez le ramasser. » peut-on l’entendre dire d’un ton méprisant.

Si Macron a tenté d’humilier les étudiants qui dénonçaient ses politiques répressives – et en ayant recours à plus de répression – ses manières ne trompent personne. À quelques mois seulement de la renaissance du mouvement étudiant, et alors qu’en France, le tonnerre gronde contre la précarisation croissante de pans entiers de notre classe, de plus en plus de personnes sont confrontées au vrai visage de la macronie : celui de sa police et de ses violences.




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