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Politique

L'Emission politique

Face à Mélenchon, France 2 invite les hologrammes de Macron et Blanquer

Le jour et la nuit. Après lui avoir déroulé le tapis rouge, il y a deux mois, l’émission politique a décidé de présenter des contradicteurs de choix à Jean-Luc Mélenchon. Ni jeune ni travailleur sur le plateau, mais un concentré de macronisme avec un zeste bien dosé de Blanquer arrosé d’extrême droite.

Crédits photos : Capture d’écran France 2

Un paradoxe. Jamais dans l’émission politique l’on a aussi peu entendu parler de Macron. Pourtant, il était partout. On irait même jusqu’à se demander si France 2 ne s’est pas inspiré des hologrammes de Mélenchon pour préparer son « émission ».

Castaner, le porte-parole

Comme personnage principal, c’est Christophe Castaner, tout nouveau dirigeant de LREM, qui a été choisi par Macron. Ce choix ne doit rien au hasard tant il répond à la nécessité pour Macron de consolider son parti La République En Marche. Pour asseoir sa légitimité qui s’appuie sur une base sociale étroite, l’une de ses tâches centrales à l’heure actuelle est de transformer LREM de « club de supporters macronistes » en une force politique capable solide et ancrée territorialement. Il s’agit de de profiter de l’atonie de la droite, de la mort cérébrale du PS pour consolider son bloc bourgeois.

Les hologrammes de Macron

Comme à leurs habitudes, Léa Salamé et François Lenglet ont été totalement fonctionnels à la promotion de Macron. Pire encore, on pourrait même se demander si France 2 n’est pas devenue l’anti chambre de la propagande pro-Macron, comme au vieux temps de l’ORTF du général De Gaulle. Il suffit pour cela de voir les profils réels des invitées mystères de la « société civile ». Face à Mélenchon, des agriculteurs pro-glyphosate, l’« historienne » sur le Venezuela, en réalité une « ex-banquière macroniste » ou encore une « patronne de PME », qui était en réalité une « représentante de l’ultralibéralisme ».

France 2, bientôt la censure ?

L’émission politique a ainsi omis volontairement d’évoquer les idées politiques clairement libérales des deux invitées. L’entrepreneure Pauline Laigneau affirmait en 2016 au Point la nécessité de «  jeter aux orties le code du travail [et les] 35 heures  ». Ces méthodes, France 2 en devient une habituée. Pour exemple, le JT du 27 novembre avait, en supprimant au montage trois mots, dénaturé le propos de Mélenchon. Plus encore, oser affirmer une ligne autre que pro-Macron et pro-MEDEF comme l’ont tenté « Complément d’enquête » et « Envoyé spécial » peut être une raison à des coupes budgétaires.

Philippe Val, hologramme de Blanquer

Pour enfoncer le clou, France 2 a lâché dans l’arène, Philippe Val, l’ex-directeur de Charlie Hebdo, dans les pas de Blanquer. Sous couvert du sujet de la laïcité, c’est en réalité les dernières déclarations de Danièle Obono, députée LFI, qui étaient visées. La députée France insoumise avait défendu les ateliers non mixtes proposés par le syndicat SUD Éducation 93. « Ce n’est pas mon avis, mais je respecte le sien et je comprends ce qu’elle veut dire », a affirmé Jean-Luc Mélenchon, tout en se délimitant clairement de sa position en affirmant «  être choqué que l’on puisse organiser des réunions racialisées ».

Mélenchon pris à son propre jeu ?

Deux mois après le non débat avec Edouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon, qui avait dénoncé cette « odieuse émission, véritable traquenard qui fonctionne seulement comme un spectacle », y assiste pour la seconde fois. En septembre, il avait d’ailleurs choisi de se la jouer docile et présidentiable face à un Philippe en difficulté. Sauf que, le contexte a changé : Macron a fait passer ses ordonnances, et le leader de LFI qui avait tout tenté pour enjamber le mouvement social pour le canaliser, prépare déjà l’après et les Européennes de 2019. De principal opposant fonctionnel à Macron, il est devenu l’épouvantail à abattre.




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