Politique

Tribune libre

Face à un candidat radicalement à droite, il faut une gauche anticapitaliste

Publié le 30 novembre 2016

Nous publions ici un article originellement publié sur le site du NPA.

François Fillon a donc gagné le deuxième tour de la primaire de droite. La droite a son candidat, son plan pour combattre le monde du travail et concurrencer l’extrême droite. C’est l’ancien ministre de l’éducation puis du travail et l’ancien Premier ministre de Sarkozy qui va tenter de faire croire qu’il a des solutions pour le pays.

La stratégie du choc
Le programme de Fillon ressemble à un cauchemar : fin de la durée légale du travail (vers les 48h hebdomadaires), retraite à 65 ans, fin des régimes spéciaux, dégressivité des allocations chômage, suppression de 500 000 postes de fonctionnaires, allègement d’impôts de 40 milliards pour les entreprises, suppression de l’ISF, dynamitage de la Sécurité sociale avec la fin des cotisations patronales, l’augmentation de la CSG et de la TVA (de deux points)…
Et Fillon promet de réaliser tout ça en quelques semaines à coup d’ordonnances et de 49.3 car « les organisations syndicales n’ont plus la force pour accomplir les blocages dont elles menacent ».

Racisme décomplexé, ordre moral et appuis aux dictateurs...
La suite de son programme donne envie de vomir. Pour Fillon, « Non, il n’y a pas un problème religieux en France. Oui, il y a un problème lié à l’islam ». Il veut fixer des quotas de migrants par origine. Il annonce aussi qu’il reviendra sur la loi Taubira, notamment sur l’adoption d’enfants par les couples homosexuels.
Grand défenseur de la religion catholique, il prône le retour à l’ordre moral : uniforme à l’école, remise en cause de l’avortement .
Il soutient ouvertement les dictateurs russe et syrien, Poutine et Assad.

Une politique largement commencée par la gauche
Sur l’immigration, les retraites, les suppressions de postes, la loi travail, le gouvernement Hollande-Valls a mené une politique tellement à droite qu’il n’est pas étonnant que Fillon veuille aller encore plus loin.
Quel qu’il soit, le candidat du PS portera des choix voisins. Hollande veut continuer la politique menée actuellement et tellement rejetée. Valls veut accélérer le mouvement en transformant le PS en un parti qui ouvertement ne défendrait que les intérêts des classes possédantes. De Montebourg à Mélenchon, des hommes « providentiels », présenté comme plus à gauche, ne jurent que par les élections avec des programmes centrés sur un nationalisme économique irréaliste et dangereux.

Se préparer à combattre le programme de Fillon

Quel que soit l’issue de la présidentielle, cette élection amènera au pouvoir un programme qui sera encore plus violemment hostile aux classes populaires, aux immigrés, aux jeunes.
L’enjeu de cette campagne est de préparer notre camp, celui des exploités, à défendre leurs intérêts politiques. D’être prêts à nous battre contre toutes les attaques. Contre les suppressions d’emplois, contre les politiques islamophobes et racistes en général, pour imposer l’interdiction des licenciements, le partage du temps de travail, un revenu décent pour toutes et tous, le désarmement de la police, une rupture avec le système, pour construire une société débarrassée de l’exploitation et de toutes les oppressions.
Nous devons affirmer que nous nous mobiliserons, nous construirons des grèves, des manifestations pour empêcher les politiques antisociales d’être menées.
C’est le sens de la candidature de Philippe Poutou. Plus celle-ci aura de voix, plus nous serons fortEs pour préparer la contre-offensive du monde du travail.

Crédit photo : Photothèque Rouge / JMB