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Politique

Et les policiers qui tuent, mutilent et matraquent ?

Face aux grenades, un Gilet Jaune lance un mégaphone sur un policier : il est mis en examen

Le 22 décembre dernier, lors de l'acte VI, après l'offensive violente des policiers visant à dissoudre le cortège des Gilets Jaunes, des affrontements avec ces derniers ont eu lieu. Des scènes montées en épingle et instrumentalisées par les médias et le gouvernement pour crier à la « violence des manifestants ». L'un d'entre eux, accusé d'avoir lancé un mégaphone sur un policier, a été interpellé ce lundi 31 décembre, placé en garde à vue et présenté devant un juge ce jeudi 3 janvier, en vue d'une mise en examen.

Suite à une plainte déposée par les policiers et après 9 jours d’enquête, un homme a été interpellé lundi 31 décembre, placé en garde à vue et présenté ce jeudi 3 janvier à un juge, en vue d’une mise en examen pour « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique en réunion avec armes ayant entraîné une interruption totale de travail supérieure à huit jours », « dégradations de biens d’utilité publique » et « participation à un groupement en vue de commettre des violences ». D’après le parquet, la détention provisoire du suspect va être requise.

Pour rappel, le 22 décembre dernier, les forces de répression, prises de surprise par l’ampleur de la manifestation qu’ils pensaient moindre, et par les différentes stratégies des Gilets Jaunes qui ont réussi à reprendre possession de l’avenue des Champs-Elysée et de l’arc de Triomphe, les forces de police ont réprimé et tenté de dissoudre les différents cortèges, à coups de gaz lacrymogènes, grenades désencerclantes et canons à eau.

Tentant de dissoudre un cortège à coup de lacrymos et de grenades de désencerclement – qui ont déjà mutilé et blessé des centaines de manifestants ces dernières semaines - la tension est montée et les manifestants ont répondu à cette offensive en envoyant divers projectiles sur les forces de polices. Une scène filmée, qui a été montée en épingle et diffusée sur toutes les chaines d’informations dominantes et instrumentalisée afin de discréditer le mouvement, en montrant la « violence des manifestants ». Evidemment, rien n’a été dit sur la violence de la police, et encore moins sur la séquence – filmée elle aussi, mais moins diffusée – qui précède la scène.

De plus, les centaines de vidéos de manifestants qui se font faits gazer, matraquer, passer à tabac et mutiler par les forces de polices ne sont quant à elles jamais montrées et ne suscitent ces fois-ci aucun émoi de la part des politiques et des médias. Par ailleurs, tout est fait pour éviter que ces images émergent, à tel point que les journalistes et les manifestants qui filment les violences policières en manifestation sont souvent pris pour cible, comme un journaliste filmant la répression à Rouen qui a été ciblé à la tête par un flash-ball. Les policiers en question ne sont quant à eux jamais inquiétés, bénéficiant d’une impunité totale.

Suite au matraquage médiatique fait autour de cette vidéo, la répression judiciaire, qui s’abat de manière féroce et inédite à l’encontre du mouvement des gilets jaunes (lien article Thais), a été enclenchée. Alors que tout récemment, un nouveau gilet-jaune a été condamné à de la prison ferme pour avoir jeté des... billes sur les forces de l’ordre, on peut malheureusement imaginer que la peine qui va s’abattre contre le Gilet Jaune inculpé dans l’affaire des violences du 22 décembre risque de s’avérer lourde. Cette nouvelle affaire de répression, qui témoigne de la grande faiblesse dans laquelle se trouve aujourd’hui le gouvernement qui, incapable d’éteindre la colère n’a d’autres solutions que l’intensification de la répression policière et judiciaire, illustre également un traitement médiatique et une justice à deux vitesses qui n’inquiète jamais les policiers sur-armés qui blessent des centaines de manifestants depuis le début du mouvement, et qui fait payer le prix cher à ces derniers pour s’être défendus face au harcèlement policier et à la répression policière.

Crédit photo : NICOLAS TUCAT/AFP




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