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Monde

Guerre au Yémen

Facebook censure un reportage du New York Times sur la famine au Yémen

Facebook a supprimé les partages d’un article du New York Times qui montrait en image les conséquences de la guerre au Yémen. D’après la firme, les algorithmes ont déclenché une censure automatique à cause des photos d’enfants déshabillés et affamés. Mais ce n’est pas la première fois que le réseau social censure des postes, la firme niant sa responsabilité dans ce contrôle de l’expression en brandissant des erreurs dans les algorithmes, algorithmes conçus et paramétrés par Facebook.

Le Yémen est frappé par une guerre depuis 2015, quand l’Arabie Saoudite, armée par les principales puissances impérialistes dont la France, a attaqué le pays. Les premières victimes de ce conflit sont bien évidement les civils touchés par les bombardements saoudiens, la catastrophe humanitaire produisant notamment une famine. C’est cette situation précaire qui est représentée dans l’article du New York Times, en particulier en montrant des photos d’enfants affamés.

Facebook, comme les autres réseaux sociaux, gagne son argent grâce aux espaces publicitaires qu’il arrive à vendre. Pour optimiser ses revenus, un ensemble de règles ont été mises en place pour limiter les postes de ses utilisateurs ; et, afin de les faire respecter, des algorithmes procèdent à un traitement automatisé des postes. Dans le cas présent, ces robots ont détecté les photos d’enfants de l’article et les ont considérées comme trop proches de la pédopornographie. Interpellés, les responsables de Facebook ont expliqué qu’il s’agissait d’une simple erreur dans leur algorithme, et qu’ils allaient la corriger.

En réalité, ce n’est pas la première fois que le réseau social censure des postes. Qu’il s’agisse d’une reproduction d’un tableau de Gustave Courbet, L’origine du Monde, ou bien le célèbre cliché d’enfants nus fuyant des bombardements pendant la guerre du Vietnam, à chaque fois « les algorithmes » ont supprimé les postes sous prétexte d’interdire la propagation d’images de nu sur le réseau social. Facebook a chaque fois nié sa responsabilité dans ce contrôle de l’expression en se cachant derrière les erreurs des algorithmes. Sauf que ces algorithmes sont conçus et paramétrés par la firme et ne font qu’appliquer ses règles, des règles dont l’objectif est la maximisation de l’espace publicitaire pour maximiser le revenu.

Les conséquences politiques de ces règles sont aussi très importantes. Dans le cas présent, même si le poste original du New York Times n’avait pas été supprimé, sa diffusion sur le réseau social a été très largement réduite. Cette façon d’entraver la diffusion de l’information ou de certains points de vue existe aussi en dehors de la censure brutale, par exemple en favorisant les postes originaux sur les postes venant de pages et de journaux.

Crédits photo : DADO RUVIC / REUTERS




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