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Monde

Modèle allemand, précarité XXL ?

Faire la manche : un nouveau travail pour le pole emploi allemand

« Collecte de dons privés » voilà le beau nom qu’a décidé de donner le Jobcenter, le pôle emploi allemand, à la mendicité. Ainsi, un couple de deux chômeurs s’est vu diminuer ses allocations de 300 euros en raison de ses revenus gagnés en faisant la manche.

En Allemagne, pays modèle selon nos gouvernants, la pauvreté et le chômage sont pourtant bien une réalité. Une réalité qui a frappé Michael et Christa Hansen, un couple d’une cinquantaine d’années au chômage. Ensemble, depuis les réformes Hartz IV, ils ne touchaient que 760 euros par mois, en plus du loyer et du chauffage pris en charge par l’Etat. Alors parfois, Michael Hansen, enfant de l’assistance publique, et sans emploi depuis 2005 avait la prétention de vouloir « se permettre quelque chose de nouveau chez lui » et avec sa chienne Molly, il s’en allait braver le froid et espérer que les passants soient généreux.

Mais Michael ne savait pas qu’il s’exposait alors à l’inhumanité rapide du Jobcenter. Une employée qui l’a reconnu l’a dénoncé. Ainsi pour eux, M. Hansen se tient régulièrement dans la rue pour procéder à « une collecte de dons privée ». L’administration n’a alors pas uniquement valorisé son temps à faire la manche en temps de travail, elle a aussi dévalorisé ses allocations de 300 euros…
Le Jobcenter a motivé cette décision par le calcul suivant : à 10 euros en moyenne par journée de manche, trente jours d’activité par mois rapportent environ cette somme.

460 euros. Il fallait continuer de faire la manche non plus pour mettre du beurre, mais pour avoir des épinards…Et ainsi ils ont rencontré une avocate qui s’est insurgée et a fait appel de la décision. Un appel qui ne pouvait que servir à améliorer un peu la somme perçue par le couple car la défense est restée dans ce schéma comptable. Ainsi celle-ci a pu gagner de revoir les sommes à la baisse : faire la manche ou plutôt une collecte de dons privés ne rapporte en moyenne que 6 euros par jour, et seulement vingt jours par mois. Ce qui fait 120 euros, moins 30 euros au titre de l’exonération pour les dons, soit 90 euros.
Mais le jobcenter, ne compte pas se contenter de moyenne et a envoyé une lettre à Michael afin qu’il tienne un journal de son activité, avec le décompte exact de ses revenus ainsi qu’une projection pour les douze prochains mois. Il a également été invité à se rendre au bureau du commerce afin de déterminer si son activité relevait du « travail indépendant ».

Voilà une nouvelle question pour les services de l’État qui, en Allemagne comme en France s’attaquent aux pauvres pour mieux protéger les riches.

Les services de l’Etat vont toujours plus loin dans l’attaque des plus précarisés, tout en armant tout un appareil législatif et répressif pour protéger les plus riches. Une histoire de plus pour le démontrer.




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