Park Hyatt Paris-Vendôme

Femmes de classe et chambres de luxe

O Phil des Contrastes

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Photos : O Phil des Contrastes

Femmes de classe et chambres de luxe

O Phil des Contrastes

En grève depuis le 25 septembre, les femmes de chambre du Park Hyatt sont en train de d’inscrire leurs noms parmi les nouvelles figures de la lutte de classe en France.

Si précarité rime de plus en plus avec féminin et racisé(e), la lutte de classe aussi. On se rappellera évidemment les salariées du groupe Onet qui ont mené l’an dernier une grève victorieuse de 45 jours dans les gares de la SNCF, dont Onet est l’un des sous-traitants du nettoyage.
Aujourd’hui une cinquantaine de grévistes du Park Hyatt Vendôme nous rappelle cette lutte et bien d’autres qui ont eu lieu dans le secteur. Un secteur fortement féminisé où le mépris de classe et le racisme de la part du patronat se mélangent à un fort taux d’exploitation. Les grèvistes réclament l’internalisation des femmes de chambres et gouvernantes sous-traitantes et une augmentation de salaire pour les employés déjà intégrés. Au total, 300 personnes travaillent dans l’hôtel, dont 77 sont employées par le sous-traitant. Dans un hôtel où la nuitée peut coûter jusqu’à 18.000 euros, la chambre la moins chère est à 1500 euros la nuit, soit le salaire mensuel des salariés du nettoyage.

« La lutte de classes c’est ici », peut-on lire quand on arrive sur le piquet des grévistes du Hyatt.
Depuis le début de leur grève pour de meilleures conditions de travail, les personnels en grève du Park Hyatt Vendôme se retrouvent tous les matins pour tenir un piquet devant l’hôtel. La direction leur interdit de rentrer dans l’hôtel, y compris pour accéder aux toilettes, et fait appel tous les matins à d’autres personnels pour les remplacer et casser la grève. Les grévistes tentent tous les matins de les empêcher de rentrer.

A la mi-octobre pour le 19eme jour de grève, la direction de l’hôtel a décidé de passer un cap dans la répression des grévistes. Deux grévistes ont été agressés par la sécurité et ont été hospitalisés. Puis, le 7 novembre, la direction de l’hôtel s’est assise pour la première fois à la table des négociations. Ainsi, Nora, déléguée syndicale et femme de chambre dans l’hôtel, salariée par la société de sous-traitance STN, considère que l’ouverture des négociations est un point positif. « Ils [la direction de l’hôtel, ndlr] ont commencé à nous entendre. Alors qu’il y a trois semaines encore, Michel Morauw, vice-président du groupe Hyatt, refusait d’entendre parler de l’internalisation des salariés sous-traitant et jurait que "la revendication sur les salaires n’a pas lieu d’être discutée" ».

Le vendredi 9 novembre, les grévistes du palace de luxe ont appelé à un rassemblement devant l’hôtel. Cela a été l’occasion de réaffirmer la détermination des grévistes et de leurs soutiens. Leur lutte en tout cas est déjà un exemple pour nous toutes.

Vous pouvez contribuer à la caisse de grève.

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