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Notre classe

Des licenciements pour toujours plus de profits

Fermeture brutale de 21 magasins New Look : les employés n’ont pas dit leur dernier mot

Le 10 septembre, 250 des salariés de New Look apprenaient brutalement qu’ils seraient très prochainement licenciés, l’enseigne ayant décidé de fermer 21 de ses 29 magasins en France. Face à cette décision, les salariés tentent un recours au tribunal, mais c’est aussi et surtout une grève et des occupations qui sont appelées dans tous les magasins concernés.

Crédit photo : Richard PLUMET / France 3 Normandie

Lundi 10 septembre, lors d’un comité d’entreprise, a été brutalement annoncée la fermeture de 21 des 29 magasins français New Look. Entraînant de fait le licenciement de la majorité des salariés, certaines de ces fermetures devaient être rendues effectives dès le week-end dernier. C’était le cas à Calais, bien que finalement le magasin devrait encore garder ses portes ouvertes quelques temps. D’autres fermetures sont prévues dans les jours à venir, un calendrier annonçant d’ores et déjà les fermetures des 21 magasins d’ici à 2021.

Une onde de choc a secoué le comité d’entreprise du lundi 10 septembre où a été révélé le plan de restructuration de la chaîne de magasins New Look France avec l’annonce de la fermeture de la quasi-totalité des magasins, licenciant ainsi à terme plus de 250 salariés. La révélation de ces licenciements s’est faite à seulement quelques jours des premières fermetures, comme à Caen ou à Rouen où la fermeture était prévue respectivement pour les 15 et 19 septembre.

Ce plan de restructuration surprise a été lancé par l’enseigne britannique, prétextant une faiblesse des ventes et des bénéfices. Cette baisse serait due à des dépenses trop importantes pour les loyers des locaux entraînant une perte de rentabilité. Un plan « d’amélioration de ses performances opérationnelles » avait déjà été mis en place au mois de mars, provoquant la fermeture de 60 magasins sur les 593 que l’enseigne compte à l’international, et à la suppression de plus de 980 postes sur 15 300.

Ce prétexte de perte de rentabilité des magasins qui seraient presque devenus déficitaires est intenable quand on connaît les chiffres d’affaires du groupe pour les années 2016 et 2017 : avec un montant total de 67 049 800 euros en 2017, New Look a augmenté son bilan total de 3,71% entre 2016 et 2017.

Allant de mépris en mépris, l’enseigne affirme que « tous les efforts nécessaires seront effectués pour redéployer les collègues là où ce sera possible » tandis que les salariés français font face à un mur puisqu’ils attendent désespérément les réponses de la maison mère britannique qui ignore leurs sollicitations.

Par contre, les plans de fermetures et de licenciements en France sont bel et bien mis en place, avec un « calendrier prévisionnel des licenciements » étiquetant un à un tous les magasins qui doivent fermer leurs portes avec les dates des licenciements, certains ayant déjà commencé et d’autres s’étalant jusqu’en 2021. Les premières victimes de ces fermetures seront ainsi au chômage dans les jours qui viennent sachant que, selon les syndicats, « la direction va fermer les boutiques en fonction des baux commerciaux, pour ne pas avoir à les renouveler ».

A la suite de ces brutales révélations, lundi 17 septembre, s’est tenue une réunion avec le CHSCT et un comité d’entreprise extraordinaire pour la « restructuration ». Pour Fabrice Obaton, secrétaire départemental du syndicat Solidaires, « On est dans une situation ubuesque.
Il y a un mépris total des lois, il y a un mépris total des règles, un mépris total des salariés ». Moussa Koita, délégué du personnel, déclare lui que « C’est un mépris social de la législation et des êtres humains qui font tourner les boutiques. Dire à des gens que leur outil de travail va fermer à la fin de la semaine, c’est scandaleux. Officieusement, ils promettent un maintien de salaire jusqu’à la date du licenciement. Officiellement. Et tout ça, oralement. C’est illégal. ». Aux vues de l’illégalité du « manque d’information et de consultation des instances représentatives du personnel avant toute modification majeure devant l’emploi », le syndicat Sud Commerce et Service attaque en référé l’entreprise devant le Tribunal de grande instance de Paris.

Mais c’est aussi des grèves et des occupations de magasins qui ont commencé, comme par exemple dans celui de Calais où les employés ont occupé leur magasin le 14 septembre, avant de le maintenir fermé le jour suivant. A Rouen, ce samedi, les employés en grève dont la fermeture est prévue la semaine prochaine ont aussi fermé boutique pour aller manifester dans le centre de la ville. Un autre appel a été lancé nationalement ce lundi 17 septembre à tous les salariés concernés.




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