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Fermeture du site de Belfort. De Florange à Alstom : quand l’État n’a plus rien à envier à Lakshmi Mittal

Publié le 7 septembre 2016

Deux ans. Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que l’ensemble des promesses et des illusions portées par l’exécutif d’alors volent en éclats. À moins de 8 mois des élections présidentielles, l’imposture du « sauvetage » d’Alstom par Hollande, Montebourg et consorts, s’avère être ce qu’il est : un mensonge éhonté et un massacre pour l’emploi. Des suppressions de poste dont l’État, devenu principal actionnaire depuis début février 2016, est le premier commanditaire. Non, Hollande et consorts n’ont rien à envier à Lakshmi Mittal.

Damien Bernard

En 2014, François Hollande expliquait, quant au dossier Alstom, que l’une de ses principales préoccupations était l’emploi. Une fois la cession de la branche énergie du géant industriel opérée, l’on apprenait, début août 2015, que 10 300 suppressions de postes par la direction de General Electric , soit 1 emploi sur 6 dans le monde, dont 2000 en France, étaient à prévoir. Une nouvelle fois, après avoir fait planer l’illusion de l’inversion de la courbe du chômage, François Hollande a menti effrontément.

Mais cette fois-ci, c’est un mensonge caractérisé. Après l’entrée en vigueur des accords entre Bouygues et l’État, le 8 février 2016, l’État siège désormais au conseil d’administration d’Alstom. De plus, avec ses 20% de parts rachetés à Bouygues dans le cadre de la « nationalisation partielle », l’État est devenu le principal actionnaire d’Alstom. En cette qualité, il paraît fortement improbable que le gouvernement n’ait pas donné son accord à la fermeture de la production sur le site de Belfort.

Fin mai 2015, on se rappelle aussi des déclarations du tout nouveau ex-ministre de l’économie, lors d’une rencontre avec des salariés d’Alstom de l’usine de Belfort, dont la fermeture même vient d’être annoncée. «  Notre objectif, c’est zéro licenciement chez Alstom Transport  », déclarait d’un ton sûr Emmanuel Macron. Déjà l’an dernier, la rumeur planait d’un plan préparant la suppression de 320 des 560 postes du service traction du site. Celui qui a donné son nom à la loi Macron est lui aussi pris en flagrant délit de mensonge.

Pourtant, bien que ce soit Hollande qui ait tranché l’accord final, c’est un autre protagoniste qui avait tout manigancé. L’ex-ministre du « redressement productif », Arnaud Montebourg, avait porté à bout de bras la solution d’une « nationalisation partielle ». L’ensemble de l’exécutif l’avait d’ailleurs félicité. « Sans l’intervention du président de la République, du gouvernement et plus particulièrement d’Arnaud Montebourg, nous ne pourrions pas aujourd’hui constater le résultat, c’est-à-dire une victoire », avait salué, après la finalisation de l’accord, Manuel Valls. «  En termes de méthode, c’est l’anti-Florange », a-t-il renchéri.

En termes de méthode, nous ne pouvons que souscrire aux propos du Premier ministre. Dans le cas de la fermeture des hauts fourneaux de Florange, c’est le patron du géant indien Arcelor Mittal, connu pour ses méthodes de « patron voyou » qui avait, malgré les effets d’annonces de Montebourg, imposé la fin de la production des hauts fourneaux. En ce qui concerne Alstom, c’est la carte du « dialogue » que Montebourg avait joué. L’objectif annoncé était l’entrée au capital de l’État pour « sauver » les emplois, mais surtout les intérêts stratégiques de l’État. Une méthode qui aboutit aujourd’hui à ce que l’État, principal actionnaire, licencie lui-même !

Lakshmi Mittal et François Hollande, même combat ?