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Politique

Remaniement

Ferrand dit au revoir au gouvernement et bonjour à l’Assemblée

Visé par une enquête préliminaire de la justice, Richard Ferrand ne sera resté qu’un mois au gouvernement. À la demande de Macron, il a accepté de prendre la tête du groupe parlementaire de la République En Marche. Ainsi, Macron s’enlève une belle épine du pied.

©CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Pendant près d’une heure et dans la plus grande discrétion, Macron et Ferrand se sont entretenus afin que ce dernier accepte de démissionner et de devenir le chef de file de la majorité parlementaire. C’est un poste clé pour LREM.

Alors même qu’il vient d’être réélu dans sa 6e circonscription du Finistère, avec 56,53 % des voix exprimées face à un candidat des Républicains, l’ancien du PS ne continuera pas à occuper un ministère. Sa réélection n’était pas gagnée d’avance. Le Canard Enchaîné a révélé après sa nomination ministérielle qu’il aurait fait un montage financier avec sa femme alors qu’il était à la tête des mutuelles de Bretagne et qu’il aurait fait bénéficier à son fils un emploi fictif. Depuis, la justice s’est saisie de l’affaire. Une grosse tache d’huile sur la belle robe de mariée de Macron et de sa transparence politique. Alors de la à penser qu’il part pour soulager le gouvernement du renouveau politique, il n’y a qu’un pas.

À l’Élysée on s’en défend. « Il a le suffrage pour lui, il n’y avait aucun intérêt à l’exfiltrer ». C’est vrai que son départ du gouvernement n’est pas que dans son intérêt, il l’est également pour Macron et son futur gouvernement. Débarrassé du boulet Ferrand, Macron pourra repasser à l’offensive sur « sa nouvelle classe politique » loin des affaires d’intérêts. Malgré tout, c’est à contre-cœur que le nouveau président se voit obliger de se séparer d’une de ses pièces maîtresses de son mouvement, un homme sûr et d’expérience.

D’ailleurs, l’Élysée le brosse dans le sens du poil afin de préserver un maximum son aura politique. « Le président voulait que Richard Ferrand prenne la tête du groupe car c’est un homme de confiance et d’efficacité », pouvait-on entendre. Il est « la clé de voûte du mouvement ». « Logiquement, il voulait qu’il soit à la tête du groupe le plus large de la Ve République », d’autant plus qu’il a une « excellente connaissance des militants et des députés » LREM. Macron l’aurait même comparé à Pierre Joxe, le président du groupe PS à l’Assemblée de 1981 à 1984, en disant qu’« il était pour lui ce que Pierre Joxe était à François Mitterrand ».

Emmanuel Macron fait d’une pierre deux coups en envoyant Ferrand comme président du groupe de la majorité à l’Assemblée. D’une part, il blanchit son gouvernement d’une des pattes noires qui vient ternir le tableau du gouvernement qui veut moraliser la politique, et de l’autre il envoie un homme ayant une expérience de politicien non négligeable pour encadrer tous ces nouveaux élus encore novices dans les jeux de l’Assemblée, permettant ainsi d’avoir une majorité qui tient la route.




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