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Débats

Notre histoire

Février 1966 à Herstal : 3000 ouvrières en grève pendant 3 mois pour l’égalité salariale

Ce jeudi c'était le 8 mars, journée Internationale de luttes pour le droit des femmes. Mais connaissez-vous cette histoire du mouvement ouvrier où les femmes furent à l'honneur ?

Le 16 février 1966, trois milles ouvrières de la Fabrique nationale d’armes de guerre à Herstal arrêtent le travail.

Elles réclament une augmentation de 5 francs et l’application du principe « à travail égal, salaire égal ». Cette grève de femmes va durer douze semaines atteignant ainsi une ampleur exceptionnelle dans les annales ouvrières.

Elles réclamaient pour que soit appliqué l’article 119 du Traité de Rome visant à réduire les écarts salariaux entre hommes et femmes.

Leurs conditions de travail étaient déplorables. Les ouvrières étaient ponceuses, colleuses, monteuses d’armes, laveuses, emballeuses, contrôleuses, dégraisseuses. On les appelait les femmes-machines. Leurs tâches étaient extrêmement répétitives et de plus elles n’avaient nullement accès à la formation professionnelle interne à l’entreprise.

Et voilà , le 9 février elles stoppent les machines et partent en grève sans préavis. Elles demandent 5 francs d’augmentation. Une dizaine de jours plus tard, les syndicats reconnaissent la grève, un comité de grève est mis en place pour venir en aide aux grévistes. Bientôt l’usine est paralysée puisque les hommes de la Fabrique Nationale sont mis au chômage.Au départ, la direction propose 0.5 centimes.
Elles se battent et luttent et ne cèdent pas.Pendant ce temps, les négociations se poursuivent pour aboutir vers le 4 mai à un accord. Il prévoit une augmentation horaire immédiate de 2 francs et ensuite une seconde augmentation de 75 centimes au premier janvier 1967.

Lors de l’assemblée générale extraordinaire des grévistes, le 5 mai, le débat est houleux entre les ouvrières et les représentants syndicaux. On en vient finalement au vote par bulletin secret. C’est la reprise du travail qui l’emporte. La déception est grande, pourtant ce mouvement a une réelle portée européenne : des délégations syndicales françaises, italiennes sont venues soutenir le mouvement ; la grève remet en débat la question de l’égalité des rémunérations à la Commission européenne et dans chacun des Etats membres ; elle marque aussi l’entrée plus massive des femmes dans l’action syndicale et oblige la société à s’interroger sur les problèmes posés aux travailleuses et la condition des femmes en général.




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