^

Politique

Corruption

Fillon, candidat de toutes les fraudes, veut moraliser la vie publique

Celui qui aura cumulé le plus d'affaires lors de cette campagne, depuis les emplois fictifs de sa femme et de ses enfants jusqu'au détournement de fond et au trafic d'influence, s'est prononcé sur les mesures qu'il prendrait pour moraliser la vie publique.

crédit photo : AFP ERIC FEFERBERG

Dernier candidat à répondre aux propositions de l’association anti-corruption Transparency International France, Fillon, acculé par les scandales, a tardé à donner sa solution miracle à ce poison – la corruption - qui ronge l’ensemble de la classe politique. Un problème qu’il connaît bien.

Ses scandales le précèdent, chargés de toute l’indignation que la caste des politiciens génère à chaque fois que leurs passe-droits et privilèges sont dévoilés, et il n’entend rien changer du tout à cette situation dont il profite largement depuis de nombreuses années. Fillon s’est illustré dans un exercice typique de langue de bois dans sa lettre de réponse à l’association Transparency International France, qui lutte contre la corruption des gouvernements. En réponse aux 11 propositions que l’association a soumis aux candidats à la présidentielle de 2017, qui concernent l’encadrement des rémunérations des élus, le non-cumul des mandats ou encore la publicité des dépenses publiques, Fillon a préféré une réponse technocratique ou plutôt noyer le poisson.

S’il est élu, il compte confier à une commission présidée «  par le vice-président du Conseil d’État, le procureur général près la Cour de cassation et le premier président de la Cour des comptes le soin de faire des propositions sur la transparence et la moralisation de la vie publique, et notamment sur la prévention des conflits d’intérêts et les règles en matière de transparence ». Comment les gardiens du système actuel, qui assure les privilèges des élus et leurs abus, pourraient-ils amorcer le moindre changement ?

En ce qui concerne le vice-président du Conseil d’État, Jean-Marc Sauvé, la réponse est claire : l’ONG Transparency International France a montré que son rapport « pour une nouvelle déontologie de la vie publique » de 2011 n’avait produit aucun résultat sur l’amélioration de la vie publique. Quand au procureur général près la Cour de cassation, Jean-Claude Marin, c’est un proche de Fillon et habitué des affaires de détournement de fond, comme lorsqu’il avait couvert Julien Dray en 2009 dans une affaire de ce type. Là encore, rien à craindre pour Fillon. Le non-cumul des mandats et les rémunérations affolantes des élus ne trouveront pas non plus un adversaire bien coriace en la personne de Didier Migaud, actuel premier président de la Cour des comptes. C’est, en effet, un politicien de longue date, élevé au cumul des mandats. Il connaît parfaitement, pour les avoir exercé, les avantages d’être député, conseiller régional, rapporteur général ou encore président de commission. En bref, Fillon prétend apporter des réponses à ses fraudes et à la corruption généralisée de la vie publique en convoquant un échantillon représentatif de ce même système corrompu.

Sur les sujets centraux que sont la prise en compte et du casier judiciaire et de la situation fiscale des candidats et le renforcement du contrôle des dépenses des parlementaires, Fillon reste évasif tant toute condamnation de sa part paraîtrait immédiatement suspecte et indigne. La moralisation de la vie publique ne peut pas être confiée à ceux qui en tirent tous leurs privilèges. Elle ne peut devenir réelle qui si l’on impose une véritable moralisation qui passe par l’interdiction stricte du cumul des mandats, la révocabilité permanente des élus et la limitation drastique de leur rémunération au niveau du salaire médian.




Mots-clés

Scandale   /    Fillon   /    corruption   /    Présidentielles 2017   /    Politique