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Fillon n’ira pas chez Bourdin. De truand à trouillard ?

Alors que les derniers sondages font état d’une petite dynamique positive pour François Fillon, le candidat de la droite et du centre a refusé de se rendre à l’émission « Entretien d’embauche » de Jean-Jacques Bourdin. De quoi a peur Fillon ?

Alors que le journaliste « star » de BMF/RMC, Jean-Jacques Bourdin mène des entretiens « d’embauche » avec l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle, une polémique a gonflé ces derniers jours avec François Fillon face au refus de celui-ci d’y participer.

« François Fillon s’est encore une fois dérobé », a déclaré Bourdin. Fillon l’accuse de l’insulter. Les supporters de la droite attaquent Bourdin sur les réseaux sociaux. Spécialiste des questions gênantes, de la provocation, Bourdin a de quoi intimider certains politiciens. On n’oubliera que c’est dans son émission que Myriam El Khomri a été incapable de répondre sur le nombre de fois qu’on pouvait renouveler un CDD.

Oui, Bourdin c’est un expert des questions piège. Mais pour un Fillon, politicien professionnel depuis plusieurs décennies, ancien premier ministre, cela ne devrait pas être un gros test. Sauf qu’aujourd’hui le candidat des Républicains, dans une situation plus que délicate après tous les soupçons d’affaires de corruption qui pèsent sur lui, une petite « bourde » pourrait couter très cher. Et il vaut mieux éviter les pièges. Surtout que c’est chez Bourdin que Fillon a promis qu’il ne serait pas candidat en cas d’être mis en examen.

C’est dont François Baroin qui remplacera Fillon à l’émission de RMC/BFM. Face à cette « dérobade » du candidat de la droite et du centre, Bourdin a décidé ne pas mener l’entretien et ce sera Laurent Neumann qui prendra sa place mardi matin, le temps de l’interview.

Dans un contexte où François Fillon est accusé d’avoir détourné des centaines de milliers d’euros, cette polémique peut sembler un détail insignifiant de la campagne. Or, c’est une démonstration supplémentaire de la nature de ces politiciens professionnels, de la professionnalisation de la politique et les pratiques que cela engendre. Ce candidat riche, fidèle serviteur de banquiers et grands patrons, maître de la dissimulation, montre encore une fois qu’il est prêt à entretenir l’illusion d’un candidat « digne », d’un « persécuté politique ». Spectacle pathétique de fin de campagne pour le candidat d’un des piliers du bipartisme français profondément en crise.




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