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Politique

Débat sur TF1

Fillon recevait en direct des conseils par SMS

AFP/PATRICK KOVARIK Si on souhaitait encore une preuve que Fillon est au bord du gouffre, le débat n’aura pas manqué de l’apporter même s'il ne rompt pas. Peu combatif à l’orée de la joute qui n’opposait que les « gros candidats », Fillon a reçu, pendant toute la première partie du débat, des SMS de sa conseillère Anne Méaux.

On ne peut pas dire que la soirée ait très bien commencé pour le candidat des Républicains. Les images du Quotidien montrent un Fillon complètement ailleurs alors qu’on annonce son nom et qu’une assistante lui répète inlassablement qu’il faut y aller. Il mettra de longues secondes à se rendre sur le plateau.
Le candidat n’a pas participé aux répétitions car « ça l’emmerde ces essais ». Il serait arrivé à la dernière minute et très stressé aux studios de TF1.
Visiblement peu préparé et peu sûr de lui, il a mis en place avec sa conseillère, Anne Méaux, une stratégie peu banale qui consiste à échanger des SMS pour l’aider à répondre.

Un candidat moribond

François Fillon a été complètement submergé et littéralement perdu notamment au début du débat mais la prestation du candidat des Républicains n’est pas surprenante. Ecrasé pas les multiples affaires de détournements de fonds publics, ce premier débat devait servir à une "normalisation" du candidat. Le résultat de la première demi heure n’aura pas été convainquant. Accusant un retard net de temps de parole effectif, Fillon a eu grand peine à revenir à hauteur de ses concurrents. À la pause publicitaire, une autre conseillère l’a exhorté à « se battre plus franchement ». Il a eu un sursaut d’orgueil face à Hamon, comme tétanisé par la peur d’un coup de grâce, Fillon a préféré jouer la sécurité.

Bien que Fillon ait refusé de lâcher prise dans la course à la présidentielle, lundi soir aura sonné comme un retour à la réalité. Le candidat ultra réactionnaire et libéral a conscience d’avoir pieds et poings liés, ne pouvant que très difficilement déployer les bannières de sa politique qui se voulait ouvertement hostile aux travailleurs. Le nanti avait donc pâle figure, se sentant à la merci des tirs de ses adversaires, il n’a eu d’autre choix que celui de se retrancher et de communiquer avec son état major par SMS. Là où une stratégie de communication aurait pu contrecarrer les révélations comme l’a fait Macron avec ses appuis médiatiques, celle du candidat des Républicains ressemble à une lente descente aux enfers. L’évidence de la détresse et des manœuvres d’urgence de Fillon rappelle ce que disait Gérard Colé, ancien conseiller en communication de Mitterrand, qui comparait la communication politique à la chirurgie esthétique : « quand ça se voit, c’est que c’est raté ». Le sursis que François Fillon a réussi à s’accorder en remettant de l’ordre dans ses rangs et en calmant la fronde risque de n’être qu’un cache-misère bien mince en ce début de campagne.




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