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Après le « 21 avril » de la droite

"Fillonxit". Les législatives se feront sans François

Alors que la droite veut régler ses comptes avec son candidat frustré au lendemain de la défaite à la présidentielle, François Fillon fait un pas à côté. Il se "sacrifie" pour préserver l’unité de la droite dans les législatives.

« Ma victoire aux primaires avait enclenché une grande espérance. Elle a été brisée par un pilonnage intensif (…) Je vais redevenir un militant de cœur parmi les autres. Je vais devoir penser ma vie autrement, panser aussi les plaies de ma famille ». Encore une « victime » du système en effet, mais pas une comme les autres. François Fillon est une victime de la chute du « système », du bipartisme français. En effet, le tour de manche pour créer l’illusion d’un départ volontaire ne tient pas une seconde. Si François quitte le navire, c’est pour éviter un déshonneur de plus. Celui de se faire éjecter par les autres pontes des Républicains, aujourd’hui que le crédit des primaires est épuisé pour l’ex premier ministre de Nicolas Sarkozy.

Les partisans du « débranchement » au sein de Les Républicains (LR) obtiennent une « victoire ». Reste à savoir si la page Fillon n’est pas tournée trop tard. Car si ce n’est pas (encore) le sauve qui peut, nul doute que l’élection désormais programmée d’Emmanuel Macron pourrait opérer un appel d’air d’une ampleur cataclysmique sur l’aile du parti située au "centre droit", et notamment autour d’Alain Juppé. Ainsi Fillon, en déclarant qu’il n’est plus « légitime » pour mener la bataille des législatives, essaye de sauver ce qui peut l’être du capital politique de son parti. Un recul certes forcé, mais qui, au vu de la rapidité de l’annonce, sonne aussi comme une tentative de ne pas griller définitivement le peu de plumes qui restent sur ses ailes, et avoir encore un rôle à jouer dans le paysage politique français.

En ce sens, selon lui il faut s’abstenir de « combinaisons préélectorales » avant les législatives. Eviter que Macron, dans une éventuelle victoire au second tour, « aspire » une partie de la droite « prématurément ».

Car pour LR le pari c’est de peser aux législative, pour maintenir en vie l’appareil malgré la défaite à la présidentielle. Autrement dit, créer une situation inouïe depuis le gouvernement de Lionel Jospin sous la présidence Chirac (1997-2002) : la cohabitation et peser sur les recompositions à droite. En attendant, François aura tout à loisir de s’occuper de ses "ennuis" judiciaires, même si les précédents Christine Lagarde et autres seront à même de le rassurer. Pour les puissants, la justice sait être complaisante !