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Fin de l’ère Merkel, Macron isolé et en difficulté

Après le revers électoral que la coalition Merkel a récemment subis aux élections de Hesse et de Bavière, la chancelière a déclaré qu’elle ne se représenterait pas aux élections pour la présidence de son propre parti, ce après 18 ans de règne. Voilà qui témoigne de la crise politique qui progresse en Allemagne, paralysant le gouvernement Allemand, tiraillé entre sa droite et sa gauche. Une situation qui aura des répercussions sur l’union européenne, la paralysie du régime Allemand isolant encore plus Macron face à la montée de l’extrême droite.

Photo Guido Bergmann. PA. Rue des archives

Macron, qui malgré sa politique anti-social, tente au niveau européen de se présenter comme le leader des « progressiste » face aux nationaliste, a bien du mal à se trouver des alliés. Et c’est surtout le refus de la chancelière Allemande de négocier sur des sujets comme la réforme de la zone euro, qui le mettait dans une situation difficile, l’Allemagne étant l’un des pays centraux de l’union européenne.
Après les élections en Bavière, ou la droite de la coalition, le CSU, avait subi une défaite historique, perdant près de 12 points, c’est récemment les élections en Hesse qui ont confirmé le fait que le régime Allemand traverse une crise politique importante, le CDU et le SPD perdant respectivement 11 et 10 points par rapport à l’élection précédente.

C’est dans ce contexte ou la coalition commence à devenir un repoussoir, que Merkel, principal figure de la coalition depuis près de 13 ans, a annoncé qu’elle ne se représenterait pas aux élections pour la présidence de son propre parti, espérant que d’autre figure au sein du CDU puissent apparaître, et très probablement la remplacer dans le futur. Celle-ci a également annoncé arrêter sa carrière politique à la fin de son mandat de chancelière. L’absence de figure importante pouvant remplacer La chancelière risque donc très fortement de conduire à une guerre de succession entre les membres des différents partis, ce qui risque de paralyser d’autant plus le gouvernement jusqu’a la prochaine élection de 2021. Certains membres de la droite de la coalition se donnaient même à critiquer parfois ouvertement la politique de Merkel, comme lors des élections de Bavière ou le CSU.
Mais la contestation de la politique de Merkel ne se place pas seulement à droite : Une frange du SPD, parti social-démocrate faisant parti de la coalition, dénonce également la politique anti-social de Merkel : En effet, pour beaucoup de membre, le SPD ne sert que de « caution de gauche » au gouvernement, qui a favorisé ces dernières années une précarisation des travailleurs Allemand. Ils ont quoiqu’il en soit soutenu politiquement Merkel de longues années durant…

Il ne faut pour autant pas surestimer la décomposition de la coalition, bien que celle-ci se fragilise : Aucun de ces 3 parti n’a la force pour pouvoir gouverner seul, et une scission du SPD ou du CSU ébranlerait sérieusement le régime Allemand, ce qui ne profiterait à aucun de ces partis. Les frondes, qu’elles soient de gauche ou de droite, semble plutôt être des moyens pour eux de se délimiter de Merkel dans le cas ou celle-ci est déjà fortement contesté au sein même de sa coalition.

Cependant, cette situation paralyse de plus en plus la politique qu’essaie de mener le gouvernement Allemand, notamment sa politique européenne : Macron, qui tente de se montrer comme le leader des pro-européens face aux nationaliste, peine dans ce contexte à se rapprocher de l’Allemagne. Et pour cause, plusieurs désaccords font obstacle à cette politique sur la question de l’Union Européenne et notamment de son budget de la zone Euro.

Ne trouvant que peu d’appui au sein de l’union européenne, Macron tente toujours, avec peu de succès, de réconcilier le couple Franco-Allemand, principale force de l’union européenne. Seulement la crise politique touchant le régime Allemand risque fort de s’aggraver, au moins jusqu’en 2021 lors de l’élection de la nouvelle chancellerie, soit en même temps que la fin de mandat de Macron.




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