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Politique

« L'ordre républicain doit être respecté »

Fin des dépôts de dossiers de régularisation à NDDL. Vers de nouveaux affrontements ?

Les occupants de Notre-dame-des-Landes, qui se sont fait violemment réprimer par le gouvernement et les forces de police, avaient jusqu'à lundi soir à minuit pour déposer des dossiers de régularisation en préfecture. A l'heure où une partie des zadistes ont refusé de se conformer à cette injonction, la réponse du gouvernement pourrait bien être à nouveau celle des matraques. Le ton a déjà été donné. Lundi, une nouvelle offensive policière a eu lieu.

Depuis le 9 avril, nous avons affaire à une véritable offensive policière, militaire et judiciaire du gouvernement à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Une offensive qui, après une tentative de sortie de crise et de pseudos négociations, risque de s’intensifier cette semaine. En effet, face aux difficultés rencontrées dans l’évacuation de Notre-Dame-des-Landes, du fait de la résistance importante des zadistes et de la vague de soutien et de solidarité que cette expulsion ultra violente et cette répression a suscitée, Macron a tenté une sortie de crise via la proposition d’un processus de régularisation des zadistes comme condition préalable pour qu’ils ne soient pas expulsés. Ces derniers ont dès lors été sommés de déclarer individuellement leur projet agricole, et ce avant le lundi 23 avril. Un projet agricole qui sera ensuite évalué, puis validé par la préfecture, qui statuera sur la « viabilité de ces candidatures », un préalable pour une éventuelle signature par l’État de baux précaires.

Un moyen de canaliser la colère et la résistance qui s’exprime aujourd’hui, et une injonction qui n’a en réalité rien à voir avec des négociations ou un geste de la part du gouvernement, comme ce dernier voudrait le faire croire, mais qui a comme volonté de détruire le modèle actuel qui subsiste à la ZAD, à savoir une gestion collective des terres. Injonction au profit de la propriété individuelle, pour faire rentrer dans les clous et dans la « légalité » les occupants de la ZAD, puis maintenir, in fine, cette image d’homme fort, qui rétablie l’ordre et « l’État de droit ».

Face à cette injonction, tous ceux qui ne rentreraient pas dans le rang, ainsi que ceux dont les projets ne conviennent pas à la préfecture – sur les 28 projets agricoles déposés nombre d’entre eux semblent déjà « poser problème » à la préfète Nicole Klein – seront expulsés. Il est très probable qu’une opération d’ampleur sera prochainement lancée pour répondre aux injonctions de Macron qui a déclaré dimanche : « Nous laissons ce délai complémentaire pour ceux qui portent un projet mais à l’issue de ce délai tout ce qui doit être évacué sera évacué. L’ordre républicain doit être respecté ».

Aussitôt dit, aussitôt fait ! Hier, l’offensive a violemment repris : engins blindés, accès bloqués par les gendarmes, tractopelle, présence militaire, deux personnes ont été gazées et arrêtées, dont un homme de 80 ans. Et aujourd’hui, c’est bien dans un étau policier que l’État maintient la ZAD, avec 2500 militaires toujours sur place.

La crainte d’une nouvelle évacuation policière et des nombreuses violences dont elle s’accompagne plane de manière criante à Notre-Dame-des-Landes. D’autant plus que, nombre d’entre eux affirment qu’ils n’accepteront pas de tri, rejetant les critères avec lesquels le gouvernement compte faire la sélection parmi les occupants ainsi que l’individualisation des projets agricoles qui dénature leur projet initial. Pas sûr que cela plaise au gouvernement. Les prochains jours risquent dès lors d’être déterminant à Notre-Dame-des-Landes, et plus généralement dans le contexte politique, à l’heure où de nouvelles répressions et offensives policières, après la violente évacuation de Tolbiac, pourraient donner du grain à moudre à Macron et accroître la colère généralisée qui s’exprime aujourd’hui à son égard.




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