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Politique

Opérations escargot dans toute la France

Forains mobilisés. Avec Campion ou avec les travailleurs ?

Des bouchons dans toute la France. Avec des centaines de camions, des opérations escargot ont été organisées dans toute la France par les forains, à l’appel de Marcel Campion qui, lui, n’a rien d’un petit artisan…

Celui qui est le propriétaire, entre autres, de la Grande Roue parisienne, en délicatesse avec la Mairie de Paris, Marcel Campion, a profité de l’appel du 12 pour, lui aussi, mobiliser ses troupes au nom de la « fête foraine et de la lutte finale », promettant la participation des « forains à la guerre sociale en cours ». Un bolchevik, celui qui est l’organisateur du marché de Noël sur les Champs Elysées ?

Les forains, craignent l’ubérisation de leur statut, à commencer par une ordonnance datant du 19 avril dernier, entrée en vigueur le 1er juillet et qui impose aux mairies de réaliser systématiquement des appels d’offre pour tous les emplacements publics d’animation, là où, jusqu’à présent, c’était parfois de père en fils que certains emplacements de foires, de fêtes et de marchés étaient occupés par des forains. Mais dans le cas de Marcel Campion qui est, lui, propriétaire d’une très grosse entreprise d’animation, dont le fleuron est la Grande Roue parisienne, c’est lui qui aurait le plus à perdre. D’où l’idée de mobiliser ce qu’il estime être « ses troupes » pour faire pression sur le gouvernement et exiger le retrait du décret, le même jour que la manifestation contre les ordonnances de la Loi Travail XXL. Une façon de faire plus « peuple », carte sur laquelle joue Campion, là où il défend, avant tout, ses intérêts, plus que ceux des 35.000 familles de forains qui vivent de ce même secteur.

Le FN, de son côté, s’est précipité sur l’occasion pour s’emparer de la colère des forains, Florian Philippot allant même jusqu’à s’afficher avec ses « amis » dans un camion pour « leur donner un coup de pouce ».

Les forains qui défendent leur outil de travail, les manèges et leurs stands traditionnels que l’on voit sur les marchés et les foires, sont dans leur droit lorsqu’ils exigent le retrait de l’ordonnance du 19 avril qui va rogner sur leurs revenus et les condamne à devoir lutter, à terme, et de façon bien inégale, contre les grandes entreprises du divertissement qui, eux, ont beaucoup plus de moyens.

En revanche, ils ont tout intérêt à le faire aux côtés des travailleurs, mais en toute indépendance, à la fois des gros entrepreneurs forains, comme Campion, qui défend avant tout ses intérêts et n’hésitera pas à négocier en fonction de son portefeuille, comme il l’a déjà fait de par le passé, et plus encore en toute indépendance d’un FN qui se veut « l’ami des petits » mais qui est avant tout « l’ami des gros [patrons] », en plus d’être issu de l’extrême droite pétainiste qui a collaboré avec les nazis pour déporter les gens du voyage et l’ensemble des Tziganes européens, Rroms et Sintis, au cours de la Seconde Guerre mondiale.




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12 septembre   /    Loi travail 2   /    Politique