Monde

Crever à la tâche

Foxconn. Des ouvriers chinois meurent pour construire des iPhones

Publié le 23 août 2016

76 heures par semaine, des rythmes de production infernaux : il ne fait pas bon travailler chez Foxconn, leader taïwanais spécialisé dans la fabrication de produits électroniques, surtout implanté en Chine. Pour les jeunes ruraux qui sont intégrés aux chaînes dans les usines du groupe, les conditions de travail sont inhumaines, poussant certains au suicide.

Ciro Tappeste

Foxconn a fini par admettre, lundi, que deux des ouvriers de sa méga-usine de Zhengzhou avaient trouvé la mort la semaine dernière, ce que les réseaux sociaux avaient déjà pointé du doigt, insistant sur les circonstances des décès. L’entreprise a insisté sur le fait que les conditions n’étaient pas claires, mais tout porte à croire que ce sont les conditions d’exploitation des ouvriers qui travaillent à la production des iPhones qui a poussé l’homme et la femme vers la mort.

Le premier, un homme de 31 ans, avait rejoint l’usine de Zhengzhou en juillet et a été retrouvé mort à l’extérieur d’un bâtiment. Selon le Wall Street Journal, qui se fait le relais d’une certaine inquiétude chez les multinationales occidentales au sujet des répercussions que pourraient avoir des actes d’insubordination tant individuelle que collective dans les grands complexes usiniers chinois, l’ouvrier aurait sauté d’un toit après avoir débauché. Le second décès est celui d’une ouvrière qui, elle, aurait trouvé la mort dans un accident de transport sur le chemin de l’usine de Zhengzhou. La jeune femme aurait sauté par-dessus une barrière de protection pour rejoindre plus rapidement son poste de travail.

Foxconn a publié un communiqué, soulignant ses « efforts [pour] faire ce qu’il faut pour adapter nos conditions de travail aux besoins changeants de nos employés en Chine ». Foxconn, gigantesque multinationale, incontournable pour Apple, Sony ou encore Nintendo, fait travailler ses ouvriers dans des conditions de semi-bagne, allant jusqu’à employer 1,3 million de personnes lors des pics de production liés, notamment, aux sorties des nouveaux iPhone. Ceux qui ne tiennent pas le coup sont jetés. Ceux qui protestent licenciés ou persécutés. C’est le prix des boitiers qui sont revendus, par la suite, dans toutes les boutiques de téléphonie de l’Hexagone.