Notre classe

Les raffineurs de TOTAL en grève reconductible jusqu’à vendredi.

Franck Bobard, secrétaire FO-Grandpuits/Gargenville : « Plus aucune goutte ne devrait sortir de la raffinerie »

Publié le 17 mai 2016

Pour la troisième fois, depuis le début de la mobilisation contre la loi travail, les salariés de la raffinerie TOTAL de Grandpuits situé en Seine-et-Marne ont voté la grève et le blocage de la production. Votée à l’issue de l’assemblée générale des salariés, cette dernière se distingue des grèves « carrées » du 4 et du 27 avril, puisque le mouvement porte sur 72h. La raffinerie TOTAL de Grandpuits, emblématique de la lutte contre la réforme des retraites en 2010, pourrait bien être le fer de lance de cette nouvelle étape de mobilisation contre la loi travail, ouverte avec l’entrée en scène du monde du travail.

Entretien avec Franck Bobard, secrétaire du syndicat Force Ouvrière Grandpuits/Gargenville.

A l’issue de l’assemblée générale, à l’appel de Force Ouvrière (FO) et de la Confédération Générale du Travail (CGT) réunies en intersyndicale, les salariés de la raffinerie du groupe TOTAL à Grandpuits ont voté la grève et le blocage de toutes les sorties produits pour 72h. A partir de mardi 16h jusqu’à vendredi 14h, « plus aucune goutte ne devrait sortir de la raffinerie que ce soit par la route, les trains ou les pipelines » assure Franck Bobard, secrétaire du syndicat Force Ouvrière Grandpuits/Gargenville.

« A Grandpuits, la grève a été votée à 72% et pour 72h » poursuit-il. C’est également ce qui devait être discuté aujourd’hui sur les cinq autres raffineries du groupe en France, ce dont faisait déjà part, pour revolutionpermanente.fr, Eric Sellini, coordinateur CGT chez Total. « Ce qui est sûr, c’est que les cinq raffinerie sont en grève. Le doute porte sur les modalités avec une possibilité qu’elle ne dure que 24 heures ».

Pour les sections CGT et FO du site de Grandpuits, qui compte 450 salariés, l’objectif est d’obtenir le retrait de la loi. De ce point de vue, « FO et la CGT assument le même mot d’ordre : pour le retrait de la loi El Khomri, ni amendable, ni négociable ». Au gouvernement de les entendre. Sinon, « les sites tiendront des AGs vendredi pour la reconduction ou le durcissement du mouvement ».

Alors que le gouvernement et les médias parlent d’un essoufflement du mouvement, sur le site de Grandpuits c’est une autre réalité : « cela fait trois fois qu’on appelle à la grève, et trois fois qu’on parvient à faire partir un mouvement. Cela veut bien dire que la majorité des salariés sont hostiles à cette loi ». Ce que conteste Franck Bobard (FO), c’est que « les médias parlent peu des grèves. Mais aujourd’hui – faisant référence aux grèves des routiers et à la SNCF- il y a un mouvement de grève qui s’étend sur l’hexagone ». « Chez nous, conclue-t-il, le mouvement ne s’essouffle pas ».

Propos recueillis par Yano Lesage