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Politique

Emplois fictifs pour tous !

François Fillon s’est rendu devant les juges

Ce lundi 29 mai, François Fillon, mis en examen pour les emplois fictifs de sa femme et ses enfants à l’Assemblée nationale, est passé devant les juges d’instruction.

Un maître mot : discrétion. François Fillon était sensé être entendu par les juges d’instruction ce mardi 30 mai pour l’affaire des emplois fictifs de sa femme et de ses enfants comme assistants parlementaires. Mais, tout comme le 14 mars dernier, il s’est présenté au pôle financier du TGI (Tribunal de grande instance) un jour plus tôt. Une tentative d’échapper aux caméras et aux questions des journalistes. Il faut dire que son dernier passage devant les juges, en pleine campagne présidentielle, avait dû lui laisser un goût amer dans la bouche. Il n’avait alors pas souhaité répondre aux questions et s’était contenté de lire un communiqué, niant les accusations accablantes à son encontre et prenant le calendrier présidentiel comme prétexte. À l’issue de ce rendez-vous, il s’était trouvé mis en examen et les chefs d’inculpation avaient été élargis à :
« détournement de fonds publics », « complicité et recel de détournement de fonds publics » , « complicité et recel d’abus de bien sociaux » et « manquement aux obligations déclaratives à la haute autorité pour la transparence de la vie publique » .

À l’issue de l’entretien qui fut bref (entre 9 heures et 10h45 ce lundi matin), l’avocat et le parquet national financier ont refusé de faire la moindre déclaration, invoquant le « secret de l’instruction ». Au vu de la courte durée de son passage devant les juges, il y a fort à parier que François Fillon n’a toujours pas été entendu et a reporté l’audition. Pour ce faire, il a pu invoquer de multiples raisons : problème de santé, raisons professionnelles ou vice de procédure.

À titre de rappel, quatre personnes ont déjà été mises en examen dans le cadre de cette affaire : Pénélope Fillon, son mari, Marc Joulaud – le député qui lui a succédé – et Marc Ladreit de Lacharrière, riche ami du couple à la tête de la Revue des Deux Mondes . Et sans même évoquer l’emploi supposé de Pénélope Fillon pour la revue littéraire, le montant qu’elle a perçu pour son contrat à l’Assemblée nationale s’élève à 680380 euros.

Et malgré les preuves qui s’accumulent et les chefs d’inculpation qui s’aggravent, l’ex-Premier ministre continue à se débattre comme il peut. Il a notamment récemment attaqué le Canard Enchaîné, à l’origine de la plupart des révélations le concernant, en justice pour « fausses nouvelles, bruits calomnieux ou autres manœuvres frauduleuses » dans le but de « détourner des suffrages ou déterminer un ou plusieurs électeurs à s’abstenir de voter  ». Par ce biais, il semblerait que François Fillon avait l’objectif de faire invalider le résultat de l’élection présidentielle, de laquelle il avait été éliminé dès le premier tour, en grande partie à cause de toutes les casseroles qu’il traîne.

Et si François Fillon est aujourd’hui un escroc notoire, empêtré dans de multiples affaires de corruption, il est peu probable qu’il se retrouve un jour derrière les barreaux. Car la justice de classe protège les représentants de la caste politicienne et le patronat. Il est en effet plus qu’aberrant que l’ancien candidat de la droite et du centre soit parvenu à éviter de répondre aux questions des juges jusqu’à présent, alors même qu’une information judiciaire a été ouverte par le parquet national financier dès le mois de février.




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