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Politique

Promotion aux girouettes

François de Rugy : une girouette au perchoir

L’ascension de François de Rugy vers le perchoir aura été fulgurante comme l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron et de LREM. Mais contrairement à la volonté de renouveau politique affichée par le candidat de la société civile, c'est un politicien opportuniste qui a été placé à la tête de l'Assemblée nationale. Retour sur le parcours d'un politicien passé, en un an à peine, du groupe parlementaire des Verts au PS et finalement à En Marche !

Le renouvellement des visages à l’Assemblée nationale était l’un des objectifs de Macron lors des législatives afin de faire entrer la société civile dans l’hémicycle. Mais en ce qui concerne les postes de pouvoir clés, ce sont toujours les mêmes têtes que l’on retrouve que ce soit Richard Ferrand à la tête du groupe parlementaire de LREM ou maintenant François de Rugy au perchoir. Le parcours de cet homme de 43 ans est, en effet, marqué par une ascension fulgurante ces derniers mois et par un opportunisme qui a su tirer profit à temps de la recomposition politique opérée par la campagne et la victoire de Macron.

François de Rugy fréquente le palais Bourbon depuis près de vingt ans, d’abord au service d’un groupe écologiste à l’Assemblée puis comme député depuis 2007. Cela fait donc bien dix ans qu’il traîne dans les arcanes du pouvoir et à des postes de pouvoir qui l’ont progressivement rapproché de son poste actuel. Deux fois co-président du groupe écologiste de l’Assemblée nationale et vice-président de l’Assemblée nationale en 2016-2017, il n’a jamais caché ses ambitions.

Lors de l’accession au pouvoir de Hollande en 2012, il espère obtenir un ministère de la part de Jean-Marc Ayrault, alors locataire de Matignon, en contrepartie de leur collaboration à la mairie de Nantes. Le poste convoité ne lui est pas attribué. Qu’à cela ne tienne, le député d’Europe Écologie les Verts mènera sa barque habilement pour parvenir à ses fins. C’est ainsi que, en 2015, il quitte le parti dont il critique la « dérive gauchiste ». Le jugement de Joseph Parpaillon, maire centriste d’Orvault et pro-Macron, résonne aujourd’hui avec justesse : « Il a toujours contesté les tendances radicales de son mouvement Les Verts ».

Dès 2016, il rejoint le groupe socialiste à l’Assemblée en même temps qu’il occupe le poste de vice-président de l’Assemblée nationale. Dans la foulée, il se présente aux primaires de la gauche où il n’obtient que 3,82% des voix. Opposé aux idées de Hamon et sentant le vent tourner pour le PS, il rallie le mouvement d’Emmanuel Macron en février 2017, juste au bon moment. Les deux hommes sont d’ailleurs fait pour s’entendre. De Rugy est social-libéral et pro-entreprise comme l’est l’ancien banquier de Rothschild. Il est favorable à l’abrogation de l’ISF et soutient fermement la loi Travail. Selon le sénateur des Verts Ronan Dantec, François de Rugy « a toujours eu une approche plus libérale de l’économie. Et très anti-marxiste ». C’était donc la parfaite recrue pour En Marche !.

François de Rugy a donc bien mérité sa place à la tête de cette Assemblée à majorité pro-patronale et anti-ouvrière. Son parcours opportuniste qui l’a mené des Verts à En Marche ! en un an montre qu’il a trouvé en Macron l’homme et le projet qui convient le mieux à ses convictions libérales et à son écologie modérée. La nomination de celui que la droite surnomme « De Rugy la girouette » témoigne encore une fois de la recomposition politique à l’œuvre dans l’hémicycle du palais Bourbon.

© Maxppp - Vincent Isore




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