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Fukushima : des eaux contaminées bientôt déversées dans l’océan

La centrale nucléaire de Fukushima a subit de gros dommage suite au tremblement de terre suivi d'un tsunami en mars 2011. Depuis pour refroidir les réacteurs des tonnes d'eau sont déversées dessus, ainsi, les eaux contaminées s'accumulent. Il a été décidé d'en rejeter une partie dans l'océan afin de faire de la place.

Crédit photo : capture d’écran

En 2011, la Japon est touché par un tremblement de terre suivi d’un tsunami. La centrale nucléaire de Fukushima est durement endommagée. Pour refroidir les installation des quantités astronomiques d’eau sont déversées dessus. Trois des six réacteurs sont continuellement arrosés d’eau. L’eau est ainsi contaminée. Toute l’eau déversée se charge en atomes radioactifs au contact des installations et s’accumule dans les parties basses des bâtiments et les galeries souterraines. TEPCO, l’exploitant, tente de la contenir sur le site, mais entre le 1er et le 6 avril 2011 520m3 d’eau contaminée s’écoulent dans l’océan via des tranchées jusqu’au scellement de celles-ci. Du 4 au 10 avril 2011, afin de libérer des espaces afin de construire de nouveaux réservoirs, TEPCO est autorisé à déverser dans l’océan 10 400m3 d’eau légèrement contaminée. Cette eau est contaminée par du tritium, un isotope radioactif de l’hydrogène.

Sur le site de Fukushima, chaque jour, ce sont près de 325 tonnes d’eau douce qui sont utilisées. Cette eau qui s’écoule dans les sous-sols des bâtiments et se mélangent à l’eau souterraine. C’est là qu’intervient entre autres TEPCO, en traitant cette eau grâce à un processus censé supprimer 62 différents types de matières radioactives, à l’exception du tritium qui est considéré comme négligeable. Cette substance radioactive empêche la mise hors service de la centrale. 777 000 tonnes d’eau contaminée par le tritium sont stockées dans environ 580 réservoirs. Shunichi Tanaka, président de l’autorité de la régulation nucléaire au Japon, a exhorté TEPCO de déverser l’eau dans l’océan. Le tritium, présent en petites quantités, ne présenterait selon eux que peu de risques. Takashi Kawamura, nouveau président de Tepco, a déclaré à la presse que « la décision a été prise ».

Si les autorités pensent que c’est sans risque ce n’est pas le cas pour tout le monde. En premier lieu et les premiers concernés la population locale et surtout les pêcheurs qui s’inquiètent de cette mesure. Depuis le début de cette catastrophe nucléaire les autorités ont négligé la population, que ça soit dans l’évacuation ou bien dans la gestion des traitements des déchets radioactifs.

L’ONG Green Action Japan a déclaré que « cet accident est arrivé il y a plus de six ans et les autorités auraient dû travailler à un moyen d’éliminer le tritium au lieu de simplement annoncer qu’ils vont le relâcher dans l’océan. Ils disent qu’il n’y a rien à craindre car ce sera dilué dans l’immensité de l’océan mais il n’y a aucun précédent qui prouve que déverser des déchets nucléaires dans l’océan est sans risque ».

Avec cette catastrophe, des zones entières d’habitation ainsi que les écosystèmes forestiers et marins alentour ont été contaminés par la radioactivité.

La plupart des molécules tritiées comme l’eau tritiée sont facilement absorbées à travers la peau, des membranes ou des tissus biologiques de tous les êtres vivants. Le tritium n’est visiblement dangereux que s’il est inhalé ou ingéré, et à priori uniquement dans les cellules vivantes qu’il aura pénétrées. D’autant plus que l’on ne sait pas réellement la manière dont il circule dans l’environnement et son effet sur l’ensemble de la chaîne alimentaire au sein de l’écosystème. Selon une étude, « le tritium peut poser un risque pour la santé s’il est ingéré par la consommation d’eau ou de nourriture, ou s’il est inhalé ou absorbé par la peau » en particulier s’il est intégré dans certaines molécules organiques, dont l’ADN des chromosomes. L’océan représente 99% de la biosphère. Alors comment autant de matière radioactive déversé peut ne pas avoir d’influence sur elle ?

Le niveau de dangerosité du tritium dans l’eau fait l’objet de controverses. En 2007, les normes retenues pour l’eau variaient considérablement selon les pays. On ne peut guère faire confiance à certaines études commandées par de grands groupes comme Areva puisque avec les projets de réacteurs à fusion, le tritium pourrait prendre une valeur commerciale et industrielle considérable. On sait que lorsqu’il est question de profits le reste n’a aucune importance, même la survie de la planète.

Selon le livre blanc de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, il n’existe « que des données relatives à des animaux (invertébrés ou vertébrés) » on a donc aucune certitude sur l’effet globale d’une pollution accrue au tritium. D’ailleurs même sur ces animaux le résultat a de quoi laisser perplexe. Chez deux invertébrés testés en laboratoire (un bivalve et un crustacé), le tritium s’est avéré radiotoxique à des niveaux de débit de doses« significativement plus faibles que la valeur de10µGy/hhabituellement considérée comme critère de protection des écosystèmes », mais ce critère commence a dater donc sa compréhension a de grandes chances d’être obsolète. De plus, l’ASN note que les doses sont plus élevés que le niveau « observées dans l’environnement, y compris autour des installations nucléaires ».

Dans les rejets (volontaires ou accidentels) de l’industrie nucléaire, comme c’est le cas à Fukushima, il peut être associé à d’autres métaux, et alors circuler différemment dans l’environnement et peut être fixé plus durablement dans l’organisme et délivrer en son point de fixation une dose de radioactivité importante.

La publication deux rapports récents ont mis en cause les seuils actuels de dangerosité ou de précaution retenus pour le tritium, et explique que le risque pour la santé publique a été largement sous-évalué. Il est tant que les capitalistes arrêtent de jouer aux apprentis sorciers avec le danger du nucléaire. La sortie du nucléaire est indispensable. La course aux profits se fait au dépend de la vie sur terre.




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